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Fiasco diplomatiqueDes diplomates quittent la Libye

Une «petite équipe de diplomates britanniques», qui était à Benghazi pour «établir des contacts avec l'opposition», a quitté ce pays après avoir eu «des problèmes».

Une «équipe diplomatique britannique» venue à Benghazi (est de la Libye) afin d'y établir des contacts avec l'opposition, a quitté le pays, a annoncé dimanche le gouvernement de Londres avare de détails, alors que diverses sources sur place font état du fiasco de la mission.

«Une petite équipe diplomatique» est allée à Benghazi «pour établir des contacts avec l'opposition», mais «elle a rencontré des problèmes, qui ont maintenant été résolus de façon satisfaisante», a reconnu le ministre britannique des affaires étrangères, William Hague, dans un communiqué.

«Ils ont maintenant quitté la Libye», a-t-il ajouté, sans préciser la nature des difficultés rencontrées.

Un diplomate et des militaires arrêtés

L'opposition libyenne a pour sa part confirmé des informations de la presse britannique selon lesquelles un groupe de huit personnes, composé d'un diplomate et de sept membres des forces spéciales britanniques S.A.S, avait été arrêté en Libye après son arrivée dans une zone aux mains des insurgés.

Le diplomate et ses gardes du corps, qui possédaient tous un passeport britannique, ont atterri en hélicoptère à Soulouk, une petite ville située au sud-ouest de Benghazi, a affirmé Abdul Hafiz Ghoqa, un porte-parole du Conseil national libyen mis en place par les représentants de l'insurrection libyenne.

«Nous les avons arrêtés parce qu'ils sont venus dans le pays de manière non officielle et sans aucun accord préalable», a-t-il expliqué, précisant qu'ils avaient été retenus plusieurs jours à Benghazi.

Londres embarrassé

«Nous avons refusé de leur parler en raison de leur manière d'entrer dans le pays», a-t-il ajouté à la presse, assurant cependant qu'il n'y avait «pas de crise» entre le Conseil national et le gouvernement britannique.

Toute la journée de dimanche, Londres, visiblement embarrassé, a refusé de confirmer ou démentir l'arrestation d'un diplomate et de militaires britanniques, se bornant à dire être en contact avec l'«équipe diplomatique» présente à Benghazi.

Peu après le début de l'insurrection libyenne, le 15 février, les autorités britanniques qui s'étaient spectaculairement rapprochés de régime du colonel Mouammar Kadhafi dans les années 90 ont multiplié les appels contre la répression «des revendications légitimes» des insurgés.

Envoi d'une autre équipe?

Le Premier ministre britannique David Cameron a répété dimanche qu'«il était temps que le colonel Kadhafi s'en aille», tandis que William Hague a appelé le président libyen à «cesser immédiatement de réprimer par la force armée le peuple libyen».

En dépit de l'échec de la première mission, Londres a affirmé dimanche soir avoir «l'intention, en consultation avec l'opposition, d'envoyer le moment venu une autre équipe», pour discuter avec les insurgés.

«Nous continuons à faire pression sur Kadhafi pour qu'il démissionne et nous travaillerons avec la communauté internationale pour soutenir les ambitions légitimes du peuple libyen», a ajouté M. Hague.

Il s'agissait de la première mission diplomatique occidentale auprès de l'opposition libyenne sur le terrain dont l'existence a été révélée.

Depuis le début de la crise libyenne, la Grande-Bretagne a essuyé plusieurs revers.

Elle a été très critiquée en Grande-Bretagne pour la lenteur avec laquelle elle a organisé le rapatriement des Britanniques bloqués dans ce pays africain. Et M. Cameron a été contraint en début de semaine de faire un spectaculaire volte-face après avoir affirmé que Londres était en pointe dans le projet d'instauration d'une zone d'exclusion aérienne en Libye. (afp)

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