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AutricheDes dizaines de réfugiés morts dans un camion

Entre 20 et 50 migrants ont été retrouvés sans vie jeudi dans un poids lourd en stationnement sur une autoroute dans un Etat de l'est de l'Autriche, frontalier de la Hongrie.

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29.08 Deux jours après la découverte en Autriche d'un camion charnier contenant 71 cadavres, probablement de réfugiés syriens, quatre hommes, interpellés en Hongrie ont comparu samedi devant la justice.

29.08 Deux jours après la découverte en Autriche d'un camion charnier contenant 71 cadavres, probablement de réfugiés syriens, quatre hommes, interpellés en Hongrie ont comparu samedi devant la justice.

AFP/Attila Kisbenedek
Le Parquet a demandé que les quatre hommes - trois Bulgares et un Afghan --soient maintenus en détention...

Le Parquet a demandé que les quatre hommes - trois Bulgares et un Afghan --soient maintenus en détention...

AFP/Attila Kisbenedek
... en raison de «la nature exceptionnelle du crime», «des morts consécutives à un trafic d'êtres humains»...

... en raison de «la nature exceptionnelle du crime», «des morts consécutives à un trafic d'êtres humains»...

Sandor Ujvari

La police autrichienne a retrouvé les corps de 20 à 50 migrants jeudi dans un camion, un drame qualifié «d'avertissement» par la chancelière allemande Angela Merkel qui a lancé un appel pressant à l'Europe pour trouver une issue à la crise des milliers de personnes qui se pressent à ses frontières.

La découverte macabre a été annoncée alors que Mme Merkel participait à Vienne à un sommet avec les dirigeants des Balkans de l'Ouest, qui ont réclamé un «plan d'action» de l'UE pour contenir les migrants.

Selon la police, entre 20 et 50 corps ont été retrouvés dans un camion garé sur une aire de stationnement d'une autoroute dans l'est de l'Autriche, non loin de la Hongrie, elle aussi débordée par un afflux de migrants.

«Aujourd'hui est un jour sombre (...) ce drame nous affecte tous», a déclaré la ministre de l'Intérieur autrichienne Johanna Mikl-Leitner, ajoutant que «les trafiquants d'êtres humains sont des criminels».

La police hongroise va se joindre à l'enquête, a annoncé Budapest, la police autrichienne l'ayant informée que le véhicule avait une plaque d'immatriculation hongroise. Le chauffeur du véhicule était pour sa part un Roumain.

«Il semble que les victimes étaient des migrants, dans une opération de trafic d'êtres humains», a déclaré Janos Lazar, porte-parole du Premier ministre hongrois Viktor Orban.

«Nous sommes tous bouleversés par ces terribles nouvelles», a réagi Mme Merkel. «C'est un avertissement pour que l'on se mette au travail, pour résoudre ce problème et faire preuve de solidarité».

La chancelière a reconnu que les pays des Balkans de l'Ouest faisaient face à «d'énormes défis». «Il est de notre responsabilité d'aider ces pays», a-t-elle ajouté.

La Macédoine et la Serbie, deux des principaux points de passage des dizaines de milliers de migrants qui tentent de rejoindre l'Union Européenne, ont appelé l'UE à adopter un plan d'action.

«Nous faisons face à la plus grande crise de réfugiés depuis la Seconde guerre mondiale», a souligné le ministre serbe des Affaires étrangères Ivica Dacic.

Son homologue macédonien Nikola Poposki a souligné que son pays accueillait chaque jour 3.000 migrants venant de Grèce. «Nous devons agir maintenant», a-t-il dit.

La «route des Balkans de l'Ouest» est empruntée par des Syriens ou des Irakiens fuyant la guerre mais aussi par des Albanais, Kosovars ou Serbes en quête d'une vie meilleure.

En bus, à pied, passant sous les barbelés ou prenant d'assaut les trains, les scènes de chaos se multiplient en Europe orientale à mesure que des milliers de migrants avancent à travers le continent.

La Hongrie, membre de l'UE, qui fait face à un afflux record à sa frontière avec la Serbie, a annoncé jeudi qu'un nouveau record quotidien avait été atteint avec 3.241 migrants arrivés mercredi.

L'afflux s'est intensifié alors que la Hongrie doit achever le 31 août la construction d'une clôture grillagée le long des 175 km de sa frontière avec la Serbie.

En Méditerranée, dix opérations de sauvetage ont été lancées mercredi pour récupérer des naufragés à bord d'embarcations ou de canots pneumatiques en difficulté, dans le canal de Sicile et non loin des côtes libyennes, et 3.000 migrants ont été secourus, ont détaillé les gardes-côtes italiens.

Mais 55 cadavres de migrants ont été découverts à bord de trois embarcations, dont 51 se trouvaient dans la cale de l'une d'elles, a-t-on appris de même source.

Les victimes seraient mortes asphyxiées par les émanations de gaz du moteur du petit bateau, selon des informations de presse non confirmées.

La semaine dernière, 5.300 personnes ont été secourues par la marine italienne et la mission européenne Triton.

Confrontées à l'arrivée massive de migrants, l'Italie, la Grèce ou la Hongrie se sont vu reprocher par certains de leurs partenaires de les laisser passer.

Répondant aux critiques, le chef de la diplomatie italienne, Paolo Gentiloni, a qualifié son pays de «modèle positif» sauvant «des dizaines de milliers de vies humaines» en Méditerranée.

Un vice-Premier ministre tchèque, Andrej Babis, a, lui, appelé à la «fermeture» de la frontière extérieure de l'espace Schengen pour «défendre» cette zone de libre circulation.

Les 28 n'arrivent pas à se mettre d'accord sur une répartition équitable des demandeurs d'asile et peinent aussi à mettre en place les centres censés soulager les pays de première entrée pour faire le tri entre migrants économiques et réfugiés.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, dont le pays attend 800.000 demandes d'asile en 2015, a renouvelé son appel à réformer le système de Dublin qui organise l'examen des demandes d'asile en Europe «pour distribuer les réfugiés équitablement au sein de l'UE».

Son homologue autrichien Sebastian Kurz a lui aussi estimé que la crise «nécessite désespérément une solution pan-européenne».

«Si nous n'arrivons pas à trouver une solution européenne commune et rapide, de plus en plus de pays, comme la Hongrie et le Danemark, tenteront de résoudre la crise par des mesures unilatérales», a-t-il averti.

«Cela ne marchera pas, et cela mettra en danger surtout notre conception européenne de frontières ouvertes», a-t-il ajouté.

(ats)

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