Assurances sociales: Des électeurs de droite pourraient aussi s'opposer aux coupes
Actualisé

Assurances socialesDes électeurs de droite pourraient aussi s'opposer aux coupes

Le clivage gauche-droite qui règne au Parlement sur les coupes dans les assurances sociales pourrait ne pas être aussi net au sein de la population.

Lors de votations, la gauche et les syndicats, minoritaires à Berne, pourraient être soutenus au-delà de leurs rangs.

La position des électrices et électeurs du PDC et de l'UDC sur les mesures d'économies dans les assurances sociales reste ouverte, relève à l'ATS Georg Lutz, politologue à l'Université de Lausanne. Le sort des prochaines votations, notamment le 7 mars sur le 2e pilier, pourrait donc être plus serré qu'au Parlement.

La majorité bourgeoise sous la Coupole fédérale a imposé ces dernières années plusieurs révisions et mesures d'économies dans les différentes assurances sociales (AVS, assurance invalidité, assurance chômage, prévoyance professionnelle). A chaque fois, un clair clivage gauche-droite s'est instauré et le «centre» s'est positionné à droite, note Georg Lutz.

La menace d'une faillite des assurances sociales est brandie par les partis de droite pour justifier les différentes révisions. A gauche, on dénonce un démantèlement planifié et on prévient du risque de voir se développer de nouveaux conflits sociaux.

Assurance chômage plus stricte

En décembre, le Conseil national a accepté une 4e révision de l'assurance chômage destinée à assainir sa dette. Pour y parvenir, la droite a décidé de relever de 2 à 2,2% les cotisations paritaires sur les salaires et de procéder à plusieurs économies, allant plus loin que ce que proposait le Conseil fédéral.

Si le Conseil des Etats donne son aval, les étudiants qui ne trouvent pas d'emploi au terme de leur formation devront attendre 260 jours pour toucher 90 indemnités journalières au plus. Pour obtenir comme actuellement 400 jours d'indemnités, il faudra avoir cotisé durant au moins 18 mois, avoir plus de 30 ans ou une famille à charge.

Référendums de la gauche

Face à ces coupes, la gauche a d'ores et déjà annoncé le référendum. La votation du 7 mars prochain sur une autre révision, la baisse du taux de conversion des rentes de la prévoyance professionnelle dès 2016, donnera le ton.

Cette mesure, jugée indispensable par la droite et les milieux économiques pour garantir à long terme le 2e pilier, prévoit de faire passer le taux de 7% aujourd'hui à 6,4% dès 2016. Ce qui signifie quelque 600 francs de rente en moins par an pour un capital accumulé de 100'000 francs. Une première diminution à 6,8% dès 2014 a déjà été décidée. Celle-ci n'est pas combattue.

11e révision de l'AVS

L'AVS fait également l'objet d'une nouvelle révision. Refusée par près de 68% des votants en 2004, la 11e du genre a été remise sur la table afin de faire face au vieillissement de la population.

Les principaux points de la première mouture, dont la critiquée augmentation à 65 ans de l'âge de la retraite pour les femmes, ont été maintenus. A cela s'est ajoutée une aide à la flexibilisation pour les personnes qui partiraient en préretraite, en fonction de leurs revenus. Mais il n'est pas sûr que le projet, approuvé en commission avec 12 abstentions issues des rangs de la droite, passe devant le plénum.

Nouvelles coupes dans l'AI

Quant à l'assurance invalidité, une nouvelle révision, la 6e, sera bientôt examinée au Parlement, après l'acceptation par le peuple l'an dernier d'une hausse temporaire de la TVA pour l'assainir. Le but est de réduire d'environ 5% le nombre de rentes d'ici 2018, ce qui fâche la gauche et les organisations d'handicapés, mais satisfait la droite et les milieux économiques.

(ats)

Ton opinion