Thaïlande: Des élections à haut risque dimanche
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ThaïlandeDes élections à haut risque dimanche

Quarante-neuf millions de Thaïlandais sont appelés à choisir dimanche leurs députés. Ces élections législatives anticipées sont organisées pour tenter de mettre fin à deux mois de violentes manifestations de l'opposition.

Les adversaires de Yingluck Shinawatra qui dirige le gouvernement depuis août 2011 ne désarment pas et ont promis de perturber un scrutin qu'ils jugent joué d'avance. Ils réclament toujours la démission de la soeur de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinatrawa chassé par un coup d'Etat en 2006.

Ignorant la recommandation de la commission électorale de repousser le vote en raison de la persistance des désordres, le gouvernement a maintenu le scrutin au 2 février et la victoire du parti au pouvoir, Puea Thai, et des «chemises rouges» ne semble guère faire de doute.

En 2011, Puea Thai avait recueilli 48 % des voix et 265 sièges, le Parti démocrate 35 % et 159 sièges.

Dix tués récemment

Les affrontements entre les deux camps ont fait dix tués et près de 600 blessés depuis la fin novembre.

La principale formation de l'opposition, le Parti démocrate, soutient les manifestants antigouvernementaux qui occupent les grands carrefours de Bangkok et plusieurs bâtiments publics. Elle refuse de participer à ces élections, exigeant au préalable des réformes en profondeur.

Les autorités ont fait savoir qu'elles pourraient fermer certains bureaux de vote en cas de violences dimanche, ce qui risque d'entamer un peu plus la crédibilité des élections.

Le secrétaire général de la Commission électorale nationale, Puchong Nutrawong, a lui fait savoir qu'il concentrait ses efforts sur la sécurité à Bangkok et dans le sud du pays, bastion de l'opposition.

Accusation liée à Yingluck

Des centaines de milliers d'électeurs ont été empêchés par des manifestants de venir déposer leur bulletin dans l'urne dimanche dernier lors d'une phase anticipée de ces législatives.

Les manifestants souhaitent débarrasser la Thaïlande de l'influence politique de la famille Shinawatra. Ils accusent Mme Yingluck d'être manipulée par son frère, qui s'est exilé pour échapper à la justice après avoir été condamné à une peine de prison pour corruption.

Ils insistent pour que Mme Yingluck s'en aille tout de suite et pour que soit mis en place un «conseil populaire» chargé d'appliquer des réformes.

10 000 policiers prévus

Dans la capitale, la campagne électorale a été pratiquement inexistante - ni banderoles, ni affiches.

Les forces de sécurité seront mobilisées le jour du scrutin pour prévenir des violences, notamment à Bangkok, où seront déployés 10'000 policiers et 5000 soldats.

Si la victoire du Puea Thai aux élections est assurée, Yingluck Shinawatra n'en sortira pas forcément renforcée. Les candidats n'était pas suffisamment nombreux à s'enregistrer pour que le quorum soit atteint au Parlement.

Scrutin attendu

Des élections partielles seront organisées le 23 février afin de pourvoir les sièges dans les 28 circonscriptions où les candidatures n'ont pu être enregistrées.

Ensuite, Mme Yingluck devrait diriger pendant plusieurs mois un gouvernement intérimaire dépourvu de réels pouvoirs.

L'armée est pour l'instant restée neutre, craignant que son intervention ne débouche sur des violences incontrôlables des partisans de la famille Shinawatra. (ats)

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