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Des élèves fuient devant le radicalisme de la mosquée

PETIT-SACONNEX – L'attitude du directeur de la mosquée conduit des parents à retirer leurs enfants des cours qui y sont dispensés.

«J'adore les leçons d'arabe et de religion donnés à la mosquée, lance la petite Myriam*, 12 ans. Mais le directeur a renvoyé mes professeurs et veut qu'on se conduise d'une manière que je ne comprends pas.» Et les petites camarades de classe de Myriam pensent de même, confie-t-elle. D'aucun diront que Fathy Neamat-Allah veut tout contrôler. Dorénavant, le controversé directeur s'attaque à la tenue vestimentaire des fillettes. «Avant, nous pouvions venir en cours sans foulard et ne le porter que lors de la prière, continue Myriam. Désormais, il nous faut le mettre dès l'entrée dans la mosquée.» Des parents s'insurgent contre ce radicalisme sans fondement: «Notre religion nous enseigne la tolérance, signale la mère de Myriam. Comment accepter que des filles qui n'ont même pas atteint l'âge de la puberté soient obligées de revêtir le voile? Cela va contre notre foi.» Les réactions ne se sont, dès lors, pas faites attendre. Bon nombre d'enfants ont ainsi été retirés des cours dispensés par la mosquée. «J'ai voulu inscrire ma fille à l'école de Ferney-Voltaire, continue la maman. Mais les classes sont désormais pleines et la liste d'attente gigantesque.» Elle estime que près d'un tiers des quelque mille enfants inscrits risquent de quitter l'enseignement du Petit-Saconnex.

Il semble ainsi que Fathy Neamat-Allah soit de plus en plus isolé au sein même de la communauté. «Il faut que les musulmans de Genève se libèrent de cette tutelle», conclut un pratiquant déçu.

Shahïn Ammane

*Prénom d'emprunt.

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