Des avocats pour les animaux: Des élus de tous bords plaident en faveur de l'initiative

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Des avocats pour les animauxDes élus de tous bords plaident en faveur de l'initiative

Des élus de tous bords ont plaidé mardi à Berne en faveur de l'initiative réclamant la création d'une fonction d'avocat des animaux dans tous les cantons.

Ils s'appuient sur le bon bilan du modèle de Zurich, seul canton à offrir aux animaux un véritable défenseur.

Les Chambres fédérales ont en effet refusé fin 2006 de créer un poste de défenseur du monde animal. Pire: selon le conseiller national Ruedi Aeschbacher (PEV/ZH), le nouveau code de procédure pénale ne permettra même plus dès 2010 à l'avocat cantonal zurichois d'intervenir efficacement.

Ses compétences et son bienfondé sont pourtant reconnus largement, en particulier par la Conférence des ministères publics et des procureurs généraux. Celle-ci suit ainsi depuis le 1er septembre les recommandations de sanctions unifiées que leur a présentées Antoine Goetschel, l'avocat des animaux zurichois.

Les actes de cruauté envers les animaux seront donc au moins désormais sanctionnés sévèrement partout en Suisse. Cette avancée ne vaut en revanche rien si, en amont, les auteurs de délits ne sont pas dénoncés. Là encore l'existence d'un avocat des animaux renforce l'efficacité, au regard des statistiques de la Fondation pour l'animal en droit.

Grosses différences

Ainsi le tiers des 572 procédures ouvertes en 2006 en Suisse dans des affaires de la protection des animaux l'ont été dans le canton de Zurich. Aucun cas n'a en revanche été signalé dans les cantons d'Appenzell (AI), Genève, Soleure, du Tessin, d'Uri et du Valais, a fait savoir la conseillère nationale Tiana Angelina Moser (Verte libérale/ZH).

Privés de parole, contrairement à la nature qui dispose du droit de recours des associations, les animaux ne peuvent se défendre seuls. C'est notamment parce qu'ils ne peuvent s'exprimer ni participer à la procédure que les animaux ne voient pas tous les cas de cruautés à leur égard portés devant la justice, a constasté M. Aeschbacher.

Moutons noirs

Les paysans eux-mêmes, souvent montrés du doigt, sont favorables à la généralisation des avocats pour animaux. Ces derniers constituent le meilleur instrument pour agir efficacement contre les moutons noirs qui portent atteintes à la réputation des paysans suisses, a affirmé le conseiller national Alexander Baumann (UDC/TG).

L'avocat des animaux n'est pas un bailli qui va fureter dans les étables. Il n'intervient que dans les cas pénaux, contribuant par ailleurs à créer la confiance par sa collaboration avec les autorités vétérinaires et la justice, a-t-il ajouté.

Economies

Saisissant la balle au bond, Pascale Bruderer a relevé qu'une poursuite plus efficace des agriculteurs maltraitant leurs bêtes permettrait d'économiser sur les paiements directs. La conseillère nationale (PS/AG) répond à ceux qui craignent que l'institution d'avocats pour animaux gonfle l'appareil de l'Etat et crée des charges supplémentaires.

Ces politiciens de tous bords ont apporté leur soutien à l'initiative déposée en juillet 2007 par la Protection suisse des animaux à deux jours de son traitement par la commission compétente du National. Le Conseil fédéral s'oppose lui à cette initiative pour ne pas toucher à l'autonomie cantonale. Le peuple aura le dernier mot.

(ats)

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