Lausanne : Des élus déjà en campagne se contredisent
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Lausanne Des élus déjà en campagne se contredisent

Après avoir annoncé sa fermeté face aux petites incivilités durant des manifestations, l'Exécutif annonce qu'il sera pragmatique si c'est «à but idéal».

par
Frédéric Nejad Toulami

Les interventions du PLC, de l'UDC et du PLR sur la suspicion d'inégalité de traitement de la part de l'Exécutif lausannois, et les réponses du syndic.

Les élections communales vaudoises auront lieu dans 12 mois, mais des élus lausannois semblent déjà en campagne, à en croire de récentes prises de position de membres de l'Exécutif.

L'exemple le plus marquant est une déclaration de la municipale Florence Germond dans «24 heures» la semaine passée. Responsable de la propreté urbaine, la socialiste a donné un blanc-seing à un collectif de militantes féministes qui appelait à manifester le 8 mars. Elle leur a laissé entendre que la Municipalité ferait preuve de mansuétude si des autocollants sont posés dans les rues. Son collègue PLR à la tête de l'économie et de la sécurité, Pierre-Antoine Hildbrand, déclarait cependant à «20minutes» à la mi-février: «Il n'y aura aucune complaisance. Je souhaite une égalité de traitement pour tous.» Il s'appuyait sur les mises en garde envoyées aux organisateurs de manifestations autorisées.

Un pouvoir d'appréciation critiqué

Florence Germond a pourtant décidé de ne pas facturer au collectif organisateur d'une manif féministe, en novembre dernier, les 3'143 fr de frais de nettoyage de collages intempestifs durant son défilé. Répondant «au nom du syndic Grégoire Junod et de Pierre-Antoine Hildbrand», elle explique n'y voir aucune contradiction: «L'interdiction de distribuer des autocollants demeure valable, car l'objectif est de préserver tant que faire se peut la qualité de l'espace public. Qui de droit est rendu attentif à une possible dénonciation après constatation de l'infraction, mais la Municipalité peut renoncer à dénoncer dans le cadre de son pouvoir d'appréciation.»

Lors de la dernière séance du Conseil communal, les représentants des trois partis de droite ont demandé au syndic de s'expliquer à trois reprises, à découvrir dans notre vidéo ci-dessus. Et une interpellation sur ce même sujet serait en préparation.

les résultats:

Critiques à droite

Chef du groupe PLR au Conseil communal lausannois (législatif), Matthieu Carrel estime que Florence Germond «cherche à plaire» à celles qu'elle identifie comme ses électrices. «En ce qui concerne les autocollants, il est dommage que cela se fasse au détriment de son rôle de magistrate», fustige-t-il. Constat similaire d'Anita Messere, chef du groupe UDC: «Cette démagogie fourbe fonctionne auprès d'une partie de l'électorat qui apprécie les positionnements qui leur sont favorables, même si c'est illégal. Du copinage bas de gamme.»

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