Variant brésilien - Des élus veulent bloquer les vols directs entre Sao Paulo et Zurich
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Variant brésilienDes élus veulent bloquer les vols directs entre Sao Paulo et Zurich

Alors que la situation au Brésil devient critique, des voix s’élèvent en Suisse pour empêcher des avions à effectuer la liaison directe.

Annuler les liaisons aériennes entre la Suisse et le Brésil sans que la mesure ne soit prise au niveau européen ne servirait à rien, selon l’OFSP.

Annuler les liaisons aériennes entre la Suisse et le Brésil sans que la mesure ne soit prise au niveau européen ne servirait à rien, selon l’OFSP.

20Min/Michael Scherrer

Ces dernières semaines, le Brésil a vu le nombre de morts attribués au coronavirus augmenter en flèche. Les morbides records sont battus les uns après les autres. Mardi, le pays a dénombré 3780 dècès en 24 heures. Ce qui inquiète aussi, c’est que l’âge moyen des morts et des personnes hospitalisées s’abaisse. Le variant brésilien P.1 s’est répandu de son épicentre en Amazonie au reste du pays et les services de réanimation sont désormais en situation critique sur tout le territoire.

Liaisons directes ciblées

Ce variant a été détecté pour la première fois en Suisse au début du mois de février. Pour l’heure, il ne s’est que peu développé. Selon les dernières informations de l’OFSP, il a été séquencé douze fois. Or, son expansion pourrait s’accélérer et des politiciens commencent à s’inquiéter, d’autant que la souche semble se développer assez vite, à nos portes, en Bavière.

«Les vols entre la Suisse et le Brésil doivent être annulés immédiatement, exige le conseiller national Alois Gmür (PDC/SZ). La Suisse se punit elle-même si elle continue à ouvrir la porte à ce dangereux virus.» Swiss opère en effet, cinq jours par semaine, une liaison directe entre Sao Paulo et Zurich. Dernièrement, la capitale économique du Brésil a été touchée de plein fouet par ce nouveau variant.

En ce moment, le Brésil est sévèrement touché par la pandémie, à des niveaux jamais vus auparavant.

En ce moment, le Brésil est sévèrement touché par la pandémie, à des niveaux jamais vus auparavant.

Worldometer

«Il n’y a, actuellement, pas lieu de paniquer»

Didier Trono, virologue

Tests et quarantaines

Comme le constatait le site alémanique watson.ch, un vol a par exemple atterri jeudi dernier à Zurich, rempli à 90% de sa capacité, et donc a libéré environ 300 passagers sur le territoire suisse. Enfin, libérés, pas vraiment. Le Brésil est sur la liste des pays soumis à quarantaine (mais les membres d’équipage n’y sont pas soumis). De plus, tous les passagers doivent être munis d’un test PCR négatif avant d’être autorisés à entrer en Suisse.

Pour l’OFSP, ces mesures permettent de réduire les risques de voir se développer ce nouveau variant de façon trop forte. Mais il n’exclut pas de prendre d’autres mesures. L’Argentine, par exemple, vient de décider d’interdire les liaisons aériennes entre le Brésil et ses aéroports. À noter aussi que, en fin d’année dernière, la plupart des pays d’Europe avaient bloqué les liaisons avec l’Angleterre, où flambait le variant britannique… avec le succès que l’on connait, puisqu’aujourd’hui plus de 80% des infections en Suisse le sont avec cette souche.

Une escale, et c’est parti

Surtout, pour l’OFSP, une telle mesure à l’échelle nationale serait inutile. «Il faudrait que ce type de mesure soit prise à l’échelle européenne», disait Patrick Mathys mardi en conférence de presse, constatant par exemple que des vols directs sont fréquents entre le Brésil et le Portugal, et que les liaisons entre le Portugal et la Suisse sont elles aussi nombreuses.

«Pas de panique»

Pour le virologue Didier Trono, interrogé par nos collègues de 20 Minuten, «il n’y a actuellement pas lieu de paniquer». En revanche, il est important selon lui que les quarantaines soient bien respectées et que les tests soient intensifiés auprès des personnes revenant de Brésil. En cas de détection de la souche P.1, le traçage des contacts doit aussi prendre en compte les contacts des contacts mêmes. De plus, certains indicent laissent aussi penser que les vaccins conservent une certaine efficacité contre le variant brésilien. Avec l’avancée de la vaccination, son expansion pourrait être ainsi contenue.

(bz/ywe)

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