Argovie: Hygiène douteuse dans une usine de production de masques
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ArgovieHygiène douteuse dans une usine de production de masques

Le fabricant de masques de protection Wero Swiss n’aurait pas toujours respecté les mesures sanitaires. Selon l’infectiologue Andreas Cerny, les masques fabriqués à Rothrist pourraient être une menace pour la santé.

par
Dafina Eshrefi/awa
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Les masques sont manipulés et emballés sans gants.

Les masques sont manipulés et emballés sans gants.

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«Les distances de sécurité ne sont pas toujours respectées», explique une source.

«Les distances de sécurité ne sont pas toujours respectées», explique une source.

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Durant les pauses également.

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Alors que les masques sont censé protéger face à la propagation du coronavirus, le respect des mesures sanitaires est parfois transgressé dès la fabrication des masques chirurgicaux. Comme le rapportent des employés de l’usine Wero Swiss à Rothrist dans le canton d’Argovie.

«Plusieurs travailleurs portent leurs masques sur le menton, sous le nez et les emballent sans gants», explique un employé de Wero Swiss. Les «conditions sont précaires» par instants comme le remarque un autre employé. Il manque par ailleurs souvent du savon et du gel hydroalcoolique pour se laver les mains. «Les distances entre les employés sont rarement respectées que ce soit à la production ou à la pause de midi», poursuit la source.

Une surveillance lacunaire

Selon la même personne, les chefs d’équipe surveillent les mesures de protection sanitaires uniquement lors de contrôles annoncés. Ils les appliquent surtout quand un cadre de la direction visite l’usine.

«Si on encourage des collègues à porter leur masque correctement et de mettre des gants, alors il arrive que le chef d’équipe nous demande de rester silencieux et de ne pas déclencher une panique corona», poursuit-elle.

Un possible cas positif

Un troisième employé souligne encore qu’un autre de ses collègues, trois jours à peine après son engagement, a été contrôlé positif au coronavirus. «Etonnamment, c’est une personne qui portait son masque sous le menton et qui ne portait pas de gants», remarque-t-il.

Felix Schönle, directeur de Wero Swiss, réfute ces accusations. Il confirme bien que les images du diaporama ci-dessus ont été prises dans son usine. Il ne peut toutefois pas confirmer quand et dans quelles circonstances elles ont été prises.

Aucun dysfonctionnement observé

«L’usine a été contrôlée à plusieurs reprises sans avertissement préalable et les autorités n’ont jamais remarqué des entraves au concept de protection», justifie-t-il.

Le service du médecin cantonal argovien a confirmé que le concept de protection était insuffisant chez Wero Swiss en novembre 2020. Les mesures ont dû être renforcées par la suite.

Un nouveau contrôle a eu lieu mardi 26 janvier 2021. Le directeur de l’entreprise avait été contacté deux jours auparavant. Résultat: les autorités n’ont observé aucune lacune.

La mise en garde d’un infectiologue

Andreas Cerny, infectiologue à l’hôpital Moncucco de Lugano rappelle que «des expériences en laboratoire ont montré que des traces infectieuses du virus peuvent subsister jusqu’à sept jours sur l’extérieur d’un masque».

«C’est pour cela et grâce à d’autres études que nous savons qu’il est préférable de ne pas toucher la zone extérieure des masques avec la main», conclut-t-il. Il n’écarte dès lors pas que les masques fabriqués à Rothirst pourraient infecter des utilisateurs.

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