Rapport explosif en France: Des employés triés selon leur origine ethnique
Actualisé

Rapport explosif en FranceDes employés triés selon leur origine ethnique

SOS Racisme accuse une quinzaine de firmes de posséder des fichiers ethniques. Un huissier de justice s'est rendu mercredi chez Euro Disney pour saisir des documents.

par
Philippe Favre

La liste noire de SOS Racisme comporte quinze noms. Ces entreprises françaises auraient tenu des fichiers ethniques de leurs employés.

L'une d'elles, le recruteur d'hôtesses et d'agents de vente Daytona, a même été condamnée en 2008. Mercredi, un huissier de justice s'est rendu dans les bureaux d'Euro Disney, à Paris, pour saisir des documents.

Selon SOS Racisme, «pour Disney, l'essentiel de la clientèle est européenne, en conséquence les salariés "cast members" doivent être majoritairement européens».

La direction de Disney n'a pas souhaité réagir à ces attaques mais se réfugie derrière son multiculturalisme (plus de cent nationalités différentes travaillent sur le parc d'attractions), précise Le Parisien, qui a révélé l'existence de ce rapport.

L'agence AP désigne nommément une entreprise qui a son siège en Suisse: le numéro 1 du travail temporaire Adecco. Contacté à son siège de Glattbrugg (ZH), la direction précise que cette affaire concerne la France et dévoilera plus tard ses pratiques en Suisse.

D'après Le Parisien, c'est Adecco-Restauration, mandataire d'Euro Disney, qui a éveillé les soupçons. Dans son bilan social 2007, les salariés sont en effet triés selon les catégories suivantes: «Afrique hors Maghreb», «Afrique Maghreb», «Autres Antilles», «Europe (Ouest) dont français».

Air France est aussi sur la sellette. Pour ses vols spéciaux et ses manifestations à caractère exceptionnel, la compagnie aérienne tenait des fiches de ses employés, comportant non seulement leurs compétences linguistiques, mais aussi leur provenance ethnique.

La compagnie a été finalement lavée de ces accusations en août dernier, car ces fichiers douteux n'ont été élaborés qu'avec le consentement express des salariés, précise lci.fr.

Ton opinion