Genève - Des «éponges» miniatures pour lutter contre le cancer
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GenèveDes «éponges» miniatures pour lutter contre le cancer

Des nanoparticules de silice, un minéral naturel, développées par l’UNIGE et des chercheurs allemands parviennent à augmenter significativement l’efficacité et la précision des immunothérapies.

par
lhu
Grâce à ces nouvelles nanoparticules, le médicament peut faire effet jusqu’à six fois plus longtemps, ce qui permet d’envisager l’administration de doses plus faibles et plus facilement supportables.

Grâce à ces nouvelles nanoparticules, le médicament peut faire effet jusqu’à six fois plus longtemps, ce qui permet d’envisager l’administration de doses plus faibles et plus facilement supportables.

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De plus en plus utilisées pour lutter contre le cancer, les immunothérapies visent à stimuler le système immunitaire pour qu’il se défende en détruisant les cellules tumorales. Si ces traitements s’avèrent souvent efficaces, ils peuvent générer d’importants effets secondaires. Une équipe de l’Université de Genève (UNIGE) et de l’Université Ludwig-Maximilian de Munich (LMU) a mis au point des nanoparticules qui, équipées d’un dispositif d’ouverture très précis, permettent d’augmenter la précision des médicaments et d’en limiter les effets indésirables.

La silice, un minéral naturel

«Les nanoparticules médicales sont en général composées de polymères ou de lipides», a indiqué Julia Wagner, chercheuse en laboratoire à l’UNIGE, dans un communiqué jeudi. Les scientifiques se sont alors tournés vers la silice, un minéral naturellement présent dans l’environnement. «Les nanoparticules de silice se présentent comme de petites éponges dont les cavités peuvent être facilement remplies, et dont les propriétés peuvent être modifiées pour mieux s’adapter à celles du produit», explique la scientifique.

Un couvercle qui ne s’ouvre qu’au bon endroit

L’équipe de recherche a ajouté une sorte de couvercle qui évite que le médicament ne s’échappe au cours du transport. «Le couvercle réagit en fonction du pH de son environnement (..)», dans un environnement au pH bas, comme le sang, il reste en place, mais se descelle et libère le médicament lorsqu’il arrive dans une cellule dont le pH est plus acide, rapporte Carole Bourquin, professeure à l’UNIGE, qui a dirigé les travaux.

«Avec nos nanoparticules, le médicament peut faire effet jusqu’à six fois plus longtemps, ce qui permet d’envisager l’administration de doses plus faibles et plus facilement supportables», indiquent les auteurs de la recherche.

Une technique utilisée pour les vaccins contre le Covid

En médecine, les nanoparticules servent à encapsuler un médicament afin de le protéger: leur nanotaille leur permet d’être avalées par les cellules du système immunitaire, qui constituent la première ligne de défense de l’organisme. Si elles sont déjà utilisées dans certains traitements — l’exemple le plus récent étant les vaccins à ARN messager contre le Covid-19 — le système est encore perfectible, estime l’équipe de scientifiques.

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