Publié

GenèveDes épreuves d’exams sans nom pour garantir l’égalité

Des élus veulent que les copies écrites aux examens de l’Uni soient anonymisées. La haute école y est favorable.

par
Léonard Boissonnas
Le projet de loi demande une entrée en vigueur à la rentrée 2021. (KEYSTONE/Martial Trezzini)

Le projet de loi demande une entrée en vigueur à la rentrée 2021. (KEYSTONE/Martial Trezzini)

KEYSTONE

Une mesure «simple et peu coûteuse pour renforcer l’égalité de traitement entre les étudiants». Les députés socialistes du Grand Conseil genevois viennent de déposer un texte pour l’anonymisation des examens écrits dans toutes les facultés de l’Université de Genève (UNIGE).

Cousin plus sévère

«Les copies passent entre différentes mains (assistants, professeurs) lors de leur correction, explique l’auteur du projet de loi, le député Youniss Mussa. Il peut y avoir des liens familiaux ou personnels avec l’étudiant, cela arrive fréquemment.» L’élu cite par exemple le cas d’une universitaire dont le cousin corrigeait l’examen: «Il a dit être plus sévère avec elle pour éviter d’être accusé de favoritisme, poursuit Youniss Mussa. La question des origines peut aussi poser problème. Je pars du principe que les professeurs et assistants font bien leur travail, mais cela peut se faire de manière inconsciente.»

code-barres, immatriculation

Le moyen reste ouvert: «Cela peut être un code-barres ou le numéro d’immatriculation», indique l’élu. Il rappelle que cette pratique existe déjà en droit à Berne, Fribourg et Neuchâtel ou en biologie à Lausanne. L’alma mater se dit favorable à cette mesure, qui «peut être une réponse efficace à de possibles biais, de genre ou liés à la nationalité par exemple», déclare Marco Cattaneo, directeur de la communication d’UNIGE. Un projet pilote aurait dû débuter à la rentrée en psychologie et sciences de l’éducation, mais le Covid l’a retardé.

Un groupe de travail à UNIGE

Toutefois, un groupe de travail vient d’être réactivé pour évaluer les solutions possibles en vue d’une anonymisation: «Il intègre dans ses réflexions les conséquences de la crise sanitaire, notamment l’accélération de l’e-assessment (ndlr: examen sur un appareil numérique) qui pourrait ouvrir de nouvelles pistes, précise Marco Cattaneo. Il doit aussi tenir compte du coût de mise en œuvre d’une politique crédible d’anonymisation qui peut être plus élevé que ce que le projet de loi laisse entendre.»

C’est une mesure qui fait sens, estime de son côté Hugo Molineaux, secrétaire permanent de la faîtière des associations estudiantines de l’Uni, la CUAE. Certains étudiants ont fait part de problèmes personnels avec un prof qui auraient influencé leur évaluation, rapporte-t-il: «C’est difficile à prouver, surtout aux oraux. Au moins, avec ce projet, on saurait qu’au niveau écrit ce genre d’abus n’est pas possible. C’est pour ça que nous y sommes favorables.»

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
182 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé

Banane

08.10.2020 à 20:15

On devrait pas plutôt anonymiser les notes ?

Robert

08.10.2020 à 18:00

On devrait faire comme à l'école des fans... Tout le monde a gagné!

Vous avez dit justice sociale

08.10.2020 à 17:58

Comment l'examinateur pourra-t-il reconnaître le fils à papa qui doit passer pour aussi devenir comme papa. Papa ou maman médecin, les enfants aussi, pharmacien, avocat etc. Quel travail en perspective pour les examinateurs stipendiés