Actualisé 05.03.2012 à 08:51

CongoDes explosions font 150 morts

Au moins 150 personnes ont été tuées dans une série d'explosions survenues dimanche dans un dépôt de munitions de la capitale congolaise Brazzaville.

Les explosions dimanche dans un dépôt de munitions à Brazzaville, , sont dues à un «court circuit» puis à un incendie, selon le compte-rendu d'un conseil des ministres extraordinaire tenu dans la nuit de dimanche à lundi. Elles ont tué au moins «146 personnes» et fait des centaines de blessés, selon un dernier bilan.

«A la lumière des faits, sous la réserve des conclusions de l'enquête, un court circuit aurait donné lieu à un incendie, lequel se serait propagé au dépôt central des armes et minutions, causant la mort de plus d'une centaine de nos compatriotes», selon le texte. «Le foyer central de l'incendie est sous contrôle», poursuit le texte.

Dans l'après-midi, une source diplomatique européenne à Brazzaville avait donné un bilan d'»au moins 150 morts dans les hôpitaux militaires et environ 1.500 blessés dans un état plus ou moins grave».

Accès interdit

Dans le quartier de Mpila, l'armée interdit l'accès au coeur du sinistre. De nombreux témoins préférant rester anonymes mettaient en doute dans la nuit de dimanche à lundi le bilan des autorités.

«Il y avait au moins 200 stagiaires à la caserne, plus au moins 100 personnes dans l'église Saint-Louis qui s'est écroulée. Et il y a des maisons qui se sont écroulées avec à l'intérieur des familles», soulignait l'un d'entre eux.

Selon l'agence Chine nouvelle, six Chinois ont été tués, un porté disparu et des dizaines blessés. Ils travaillaient tous sur un chantier du groupe de BTP Beijing Construction Engineering.

Il s'agit du bilan le plus lourd d'un accident de ce type en Afrique depuis 10 ans.

Dégâts jusqu'à Kinshasa

Cinq explosions très fortes et espacées se sont produites à partir de 08H00 et jusqu'à 10H45, qui ont même secoué et fait des dégâts matériels à Kinshasa, la capitale de la RD Congo voisine, séparée de Brazzaville par le fleuve Congo.

«Ce que j'ai vécu c'est l'apocalypse. C'est par la grâce de Dieu que je vous parle. Toute ma maison s'est écroulée. Ma mère est décédée, mon père, mes deux frères et mes deux soeurs aussi. La vie ne me sert plus à rien», a raconté Jeanette Nuongui, 36 ans, choquée sur son lit à l'hôpital militaire, une perfusion à un bras.

Sa maison se trouvait près du régiment de blindés, comme celle de Victorien-Constant Obani, un militaire d'une quarantaine d'années.

«C'est la première détonation qui a tout soufflé. Je suis militaire, ce qui s'est passé ici, c'est plus qu'un typhon, c'est plus qu'une guerre civile. Toute la maison a été détruite. Je ne sais pas ce que je vais devenir», a-t-il témoigné.

Mouvements de panique

De nombreuses maisons ont été rasées par le souffle de l'explosion, a constaté un journaliste de l'AFP. Le chapelet de déflagrations a provoqué des mouvements de panique, rappelant aux habitants de la ville le temps de la guerre civile il y a une dizaine d'années.

Des gens ont fui «avec leurs bagages sur la tête, pieds nus, certains à peine habillés. Il n'y a pas de circulation, pas de bus, pas de taxi», a témoigné en fin de matinée une habitante.

Appel aux dons de sang

Le chef de l'Etat congolais Denis Sassou Nguesso s'est rendu sur les lieux du sinistre.

Le porte-parole du gouvernement a appelé les Brazzavillois «à se rendre dans les hôpitaux pour faire des dons de sang». «Le quartier de Mpila est aujourd'hui sinistré: les maisons y ont été cassées et même nos citoyens militaires qui se trouvaient dans le camp sont morts».

Hôpitaux débordés

Les hôpitaux de la capitale et notamment le CHU de Brazzaville étaient débordés, a constaté un journaliste de l'AFP. Dans le quartier de Mpila, certains habitants craignant des pillages surveillaient leurs maisons éventrées.

Des centaines de personnes fuyant le site ont trouvé refue dans leurs familles. Les sans-abris devaient être accueillis dans plusieurs points de la capitale notamment à la cathédrale du Sacré Coeur.

La France a annoncé l'envoi d'une aide d'urgence à Brazzaville. Le Maroc va également porter assistance au Congo.

(ats/afp)

Rappel des explosions dans les dépôts d'armes et de munitions les plus meurtrières dans le monde depuis 2000:

Rappel des explosions dans les dépôts d'armes et de munitions les plus meurtrières dans le monde depuis 2000:

- 14 avr 2000: REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO - 104 morts et 134 blessés dans l'incendie et l'explosion d'un dépôt de munitions à l'aéroport de Ndjili, à Kinshasa.

- 3 mars 2001: GUINEE - 42 morts dans l'incendie d'un dépôt de munitions à Conakry et le mouvement de panique qui a suivi.

- 27 jan 2002: NIGERIA - Plus de 1.000 personnes, des enfants pour la plupart, sont tuées après l'explosion du dépôt de munitions de la caserne militaire d'Ikeja, un quartier très peuplé de Lagos. De nombreuses victimes sont mortes piétinées ou noyées dans la panique qui a suivi l'explosion.

- 29 jan 2002: COLOMBIE - Près de 30 morts et disparus dans l'explosion d'un dépôt de munitions appartenant à la guérilla des FARC à Dorado (centre).

- 28 juin 2002: AFGHANISTAN - Explosion d'un dépôt d'armes et de munitions à Spin Boldak (sud), près de la frontière pakistanaise: 32 morts.

- 28 juin 2003: IRAK - Une explosion dans un dépôt de munitions désaffecté fait au moins 25 morts, près de la ville de Haditha (nord).

- 3 mai 2005: AFGHANISTAN - 29 personnes sont tuées et 70 blessées dans l'explosion d'un dépôt d'armes clandestin situé dans la maison d'un chef de guerre, dans la province de Baghlan (nord), à 180 km de Kaboul.

- 22 mars 2007: MOZAMBIQUE - Plus de 80 morts et des centaines de blessés dans l'explosion du plus grand dépôt d'armes du pays, situé près de l'aéroport international de Maputo.

- 29 avr 2009: TANZANIE - Une série d'explosions dans un dépôt de munitions du camp militaire de Mbagala, à Dar Es-Salaam, fait 26 morts et plus de 500 blessés.

- 17 sept 2010: SRI LANKA - 27 personnes sont tuées dans l'explosion d'un dépôt de munitions dans un poste de police dans l'est du pays.

- 4 mars 2011: LIBYE - Au moins 27 morts et des dizaines de blessés par deux explosions dans un dépôt d'armes près de Benghazi, fief de l'insurrection dans l'Est.

- 28 mars 2011: YEMEN - Une explosion dans une usine de munitions dans le Sud fait 150 morts et plus de 80 blessés.

- 12 nov 2011: IRAN - Explosion d'un dépôt de munitions des Gardiens de la révolution dans la banlieue de Téhéran: au moins 36 morts.

- 4 mars 2012: CONGO - Au moins 150 morts et des centaines de blessés dans une série d'explosions dans un dépôt de munitions à Brazzaville, selon une source diplomatique européenne dans la capitale du Congo jointe par téléphone depuis Paris.

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