France: Des Femen perturbent un discours de Marine Le Pen

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FranceDes Femen perturbent un discours de Marine Le Pen

Le discours de Marine Le Pen, point d'orgue du traditionnel rassemblement du Front national à Paris à l'occasion du 1er mai, a été interrompu vendredi par l'irruption de trois «Femen».

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01.05 Des militantes Femen ont perturbé vendredi un discours de Marine Le Pen, prononcé le 1er mai.

01.05 Des militantes Femen ont perturbé vendredi un discours de Marine Le Pen, prononcé le 1er mai.

AFP/Kenzo Tribouillard
Elles ont parodié le Front national à l'aide d'emblèmes et de gestes nazis.

Elles ont parodié le Front national à l'aide d'emblèmes et de gestes nazis.

AFP/Thomas Samson
Keystone/AP/Francois Mori

Les militantes féministes ont crié «Heil Le Pen!».

La présidente du FN avait entamé son intervention place de l'Opéra, devant l'image de Jeanne d'Arc, figure emblématique du jour marqué du slogan «La France fait front!». Trois activistes, seins nus, sont alors apparues au balcon d'un immeuble et ont déployé deux banderoles rouges où était inscrit «Heil Le Pen».

Munis de mégaphones, les «Femen» ont fait le salut nazi à plusieurs reprises sous les huées des partisans du FN rassemblés sous la bruine. Marine Le Pen a alors été contrainte d'interrompre son discours durant une dizaine de minutes. «Il est assez paradoxal quand on se dit féministe de tenter de perturber un hommage à Jeanne d'Arc», a-t-elle lancé à l'adresse des militantes.

Entendues par la police

Quatre membres du service d'ordre du FN ont finalement délogé sans ménagement les trois jeunes femmes du balcon, après plusieurs minutes de flottement. Elles ont été entendues par la police, ainsi que des membres du service de sécurité du FN, puis libérées après leur audition.

Dans la matinée, deux autres «Femen» qui avaient peint sur leur buste dénudé «Le Pen Top fascist» («Le Pen, première des fascistes») avaient tenté de perturber le dépôt d'une gerbe par Marine Le Pen au pied de la statue de Jeanne d'Arc, place des Pyramides.

Une équipe de Canal agressée

Une équipe de trois personnes du «Petit journal» de Canal a été agressée vendredi à Paris dans le défilé par des militants FN, avant d'être exfiltrée par le service d'ordre du parti frontiste, a indiqué la chaîne française. Un caméraman, un journaliste et un ingénieur son ont été «encerclés par plusieurs militants après une interview de Bruno Gollnish» puis frappés par des participants au traditionnel défilé du FN pour le 1er mai.

Sur une vidéo de BFMTV, on voit l'eurodéputé asséner des coups de parapluie aux journalistes de Canal tout en saisissant la perche de leur preneur de son. Des membres du service d'ordre frontiste et des proches tentent de l'arrêter.

«C'est une violation de la vie privée», l'entend-on répéter à deux reprises. «Les provocateurs de Canal pratiquent le micro-perche espion. Après 30 minutes, j'ai détruit l'espion. Petite leçon gratuite de déontologie...» a expliqué dans un tweet M. Gollnisch, proche de Jean-Marie Le Pen.

Père et fille séparément

Jean-Marie Le Pen, père de Marine et fondateur du FN qui a créé en 1988 le défilé en l'honneur de Jeanne d'Arc, s'était lui invité à la tribune juste avant le discours de sa fille. Il a suscité lui aussi les applaudissements des militants. Marine Le Pen, sourire crispé, a pris la parole avant même que son père ne quitte la tribune.

Illustration de la rupture familiale et politique entre le président d'honneur et sa fille, Jean-Marie Le Pen a quitté la place de l'Opéra dans sa voiture, sans écouter le discours de sa fille. Il prenait place traditionnellement à la tribune depuis 2011, année où il a transmis le flambeau à sa fille. (ats/afp)

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