Des femmes battues brisent la loi du silence
Actualisé

Des femmes battues brisent la loi du silence

GENEVE – Depuis la diffusion d'un spot de prévention, police et associations reçoivent davantage d'appels au secours.

«Tous les jours, nous intervenons pour des affaires liées aux violences conjugales, indique Christophe Zawadzki, porte-parole de la police. Pour l'heure, nous ne connaissons pas les raisons de cette recrudescence.» Depuis le 14 mars, un spot TV choc du nouveau service d'écoute des violences conjugales est diffusé sur les chaînes françaises: «Mon mari m'a battue et humiliée pendant dix ans. Il m'a cassé plusieurs fois le nez, les côtes, les dents... Mais depuis quinze jours, c'est enfin terminé.» La caméra descend et zoome sur une tombe. «En France, tous les trois jours, une femme meurt victime de violences conjugales. Parlez-en avant de ne plus pouvoir le faire...»

Y a-t-il un lien entre l'augmentation des appels à la police et ce spot? «Nous l'ignorons, mais une chose est sûre, les actions préventives motivent les victimes à parler», explique une intervenante du centre de la loi fédérale sur l'aide aux victimes. Le centre reçoit plus de 700 femmes battues par an dans le canton de Genève. A Solidarité femmes, on confirme que ce genre de spot choc provoque une réaction chez les victimes: «Les femmes prennent soudainement conscience de ce qu'elles vivent et réagissent, explique Elisabeth Roth-Granger. Depuis deux semaines, nous avons beaucoup plus d'appels de nouvelles victimes par rapport à la même période l'année dernière.»

En France, 137 femmes sont décédées, battues par leur compagnon en 2006. En Suisse, la dernière étude date de 1997.

Sabrine Gilliéron

Violences conjugales "Anne Leroy"Uploaded by liyah_

«Des questions qui font froid dans le dos»

VAUD – Le site romand qui parle de l’amour et du respect entre jeunes (www.comeva.ch) répond à un réel besoin. Depuis sa création il y a presque un an, 270 jeunes ont posé des questions à des psychologues. «Nous avons en moyenne deux questions par jour, venant d’hommes, de femmes, de victimes de violence, comme d’agresseurs», explique Stéphanie Apothéloz coresponsable du projet. «Il y a des questions qui font froid dans le dos», livre-t-elle.

Ton opinion