Suisse: Des filets anti-drones au-dessus des prisons?
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SuisseDes filets anti-drones au-dessus des prisons?

Les appareils servent déjà à passer des téléphones portables aux détenus. Et bientôt peut-être des armes. Les prisons réagissent et investissent.

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smk/nxp
Les drones sont dans le viseur des prisons en Suisse.

Les drones sont dans le viseur des prisons en Suisse.

photo: Keystone

Les drones ont de multiples utilisations et certains n'hésitent pas à s'en servir pour faire passer des objets à des détenus. Les prisons entendent tout faire pour les dissuader.

«Le centre de détention de Pöschwies a déjà connu deux tentatives», a déclaré Rebecca de Silva, porte-parole de l'office zurichois d'exécution des peines. Le centre va donc mettre sur pied un système de détection, comme l'a appris 20 Minuten.

Abattre les drones

L'objectif est de découvrir rapidement ces drones pour ensuite les abattre le cas échéant, a souligné la porte-parole. La détection pourrait se faire par radar, signal GPS ou encore en scannant des fréquences.

Un drone lausannois vole dans une crevasse

Les centres d'arrêt à Menzingen (ZG) et à Lenzburg (AG) étudient également des systèmes comparables. La maison correctionnelle zougoise a enregistré un premier cas voici deux ans, lorsqu'un inconnu a réussi à faire passer un téléphone portable à un détenu.

Course de drones

Rien de tel encore à Lenzburg mais la prison va choisir en septembre un système de défense contre les drones. L'installation est prévue dans les six mois, a précisé Marcel Ruf, directeur du pénitencier.

A Soleure, on étudie la possibilité d'installer un filet sur les espaces de promenade ou encore de surveillance des environs ainsi que des fouilles régulières de la zone avec des chiens, a déclaré Thomas Fritschi, le directeur de l'office soleurois.

La crainte des armes à feu

Pour Marcel Ruf, la solution du filet n'est applicable que pour les petits établissements car il est impossible de recouvrir ainsi plusieurs milliers de mètres carrés. «A Lenzburg, cela nous coûterait 3,8 millions de francs, contre 150'000 francs pour un détecteur.» Et les associations de défense des animaux s'y opposeraient en raison du risque pour les oiseaux.

Le directeur craint surtout le jour où des armes à feu et des munitions seront transmises de cette façon. «Cela s'est déjà vu en France entre autres.» Il rappelle que certains modèles de pistolet ne pèsent qu'entre 570 et 780 grammes. «Bien sûr, un petit drone à 200 francs ne suffit pas mais il suffit d'investir un peu plus pour trouver des modèles appropriés.»

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