Syrie: Des forces anti-EI ont reçu des blindés de Trump

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SyrieDes forces anti-EI ont reçu des blindés de Trump

L'alliance arabo-kurde combattant le groupe Etat islamique (EI) en Syrie a annoncé avoir reçu des blindés américains ainsi que la promesse de l'administration Trump de «plus de soutien».

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Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

AFP
Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Keystone
Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Keystone

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont dit mardi avoir reçu pour la première fois des blindés américains. Ces FDS représentent l'alliance de combattants kurdes et arabes qui luttent contre le groupe Etat islamique avec le soutien de la coalition internationale formée par les Etats-Unis.

Le nombre de blindés et de véhicules de transport de troupes livrés «il y a quatre ou cinq jours» est peu élevé, a précisé un porte-parole des FDS. Il est toutefois selon lui le signe visible d'un soutien accru de Washington depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison blanche.

«Nous voyons des signes d'un soutien total de la nouvelle direction américaine, plus important qu'avant, à nos forces», a déclaré le porte-parole. «Auparavant, nous ne recevions pas ce genre de soutien, seulement des armes légères et des munitions».

Les Etats-Unis ont jusqu'à présent fourni un appui aérien, dépêché des membres des forces spéciales et livré des armes légères aux FDS. Ceux-ci cherchent à isoler Rakka, le bastion de l'EI, après avoir chassé les djihadistes d'une grande partie du nord-est de la Syrie.

Hostilité de la Turquie

Washington a évité d'appuyer trop visiblement les FDS en raison de l'hostilité qu'une telle politique suscite en Turquie. Ankara considère la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), fer de lance des FDS, comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), mouvement séparatiste avec lequel Ankara est en conflit ouvert.

La Turquie s'est elle-même engagée militairement dans le conflit syrien l'été dernier pour lutter contre l'EI mais aussi contre les YPG. Elle a récemment amorcé un rapprochement avec la Russie dans ce but.

Fortes d'un soutien américain accru, les FDS ont l'intention de poursuivre leur entreprise d'encerclement progressif de Rakka en coupant la route entre la «capitale» syrienne de l'EI et la province de Deir Ezzor, frontalière de l'Irak, a-t-on appris mardi de source militaire kurde.

Zone de repli de l'EI

De violents combats opposent depuis plus de deux semaines les djihadistes aux dernières forces gouvernementales syriennes présentes à Deir Ezzor. La région constitue la première zone de repli pour les combattants de l'EI contraints de fuir l'Irak en raison de l'offensive de Mossoul.

«La prochaine phase de notre campagne consistera à isoler complètement Rakka», a dit le responsable militaire kurde, qui a tenu à rester anonyme. «Pour y parvenir, nous devons atteindre la route entre Rakka et Deir Ezzor. Ce sera une mission difficile», a-t-il ajouté.

Le porte-parole des FDS a lui aussi évoqué une «nouvelle opération» contre l'EI qui devrait débuter «dans les prochains jours». Il n'a pas voulu donner davantage de précisions.

Les habitants de Deir Ezzor peuvent à nouveau recevoir une assistance. Les largages du Programme alimentaire mondial (PAM) ont pu reprendre dimanche, a indiqué mardi une porte-parole. Ce dispositif avait dû être suspendu le 15 janvier en raison des violences. Une nouvelle zone de largage a pu être établie, selon la porte-parole du PAM Bettina Lüscher.

Pourparlers à Genève le 20 février

Sur le plan diplomatique, les pourparlers de paix sur la Syrie sous l'égide de l'ONU ont été reportés au 20 février, a annoncé mardi au Conseil de sécurité l'envoyé spécial sur la Syrie des Nations unies, selon des diplomates présents. La date initiale était agendée au 8 février.

Staffan de Mistura a expliqué lors d'une réunion à huis clos que le report donnerait plus de temps à l'opposition syrienne pour qu'elle se prépare et permettrait aux pourparlers d'être aussi ouverts que possibles, ont indiqué deux diplomates à l'AFP.

Les invitations pour assister aux négociations de Genève seront envoyées le 8 février, a précisé Staffan de Mistura au Conseil de sécurité, toujours selon des diplomates. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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