Actualisé 14.01.2014 à 21:07

Etats-Unis

Des fouilles rectales lui font toucher un pactole

Au nom de la lutte contre le trafic de drogue, les autorités américaines vont parfois trop loin. Elles viennent de verser 1,6 million de dollars à un plaignant ayant subi trois lavements inutiles.

de
Cécile Fandos, Austin (Texas)

Même si elles le soupçonnaient de transporter de la drogue dans son anus et qu'elles estimaient qu'il serrait les fesses en sortant de son véhicule à leur demande, les forces de l'ordre du comté d'Hidalgo et de la municipalité de Deming, au Nouveau Mexique, n'auraient pas dû faire subir trois lavements à David Eckert il y a un an. Pour compenser ce traitement décrit par son avocat comme «contraire à l'éthique médicale et anticonstitutionnel» et se dégager de toutes charges judiciaires, elles viennent de s'engager à lui verser 1,6 million de dollars, rapporte l'«El Paso Times».

C'est que même si le bureau du shérif du comté d'Hidalgo a assuré que David Eckert était «connu» pour transporter de la drogue dans son corps et qu'un chien policier a réagi en reniflant le siège du conducteur, ni les lavements, ni de multiples examens visuels de son anus, ni une colonoscopie, ni des radios n'ont permis d'identifier une quelconque trace de drogue. Ce citoyen américain se plaignait aussi qu'on ne lui ait pas permis de passer un coup de fil depuis le poste de police auquel on l'avait conduit et qu'on l'ait amené dans un second hôpital où le mandat des autorités n'était pas valide après que le médecin d'un premier hôpital se soit refusé à procéder à de tels examens.

Pour David Eckert, «cet accord montre qu'ils ont eu tort de faire ce qu'ils m'ont fait». Le comté d'Hidalgo comme la municipalité de Deming se sont refusées à tout commentaire.

Deux autres plaintes pour fouilles corporelles illégales

Cet accord intervient alors que deux procédures similaires ont été lancées au Nouveau Mexique et au Texas voisin. La première concerne un habitant du Nouveau Mexique fouillé à plusieurs reprises par les mêmes autorités du comté d'Hidalgo, indique l'El Paso Times.

La seconde a été déposée par une femme du même Etat ayant subi plusieurs fouilles corporelles des douaniers d'El Paso, au Texas, au poste de frontière, puis à l'hôpital où on l'a conduit qu'un chien renifleur s'est couché devant elle. Là, elle a également dû aller à la selle en présence des douaniers et deux médecins ont à leur tour introduit leurs doigts et des spéculums dans son anus et son vagin sans trouver de drogues. On lui a également fait passer des radios et un scanner et quand elle s'est refusé à signer une autorisation de fouilles corporelles après coup, on lui a présenté une facture de 5000 dollars, raconte l'El Paso Times.

L'hôpital a depuis fait son mea culpa et annoncé une révision de son règlement, rapporte le quotidien local. Mais ces deux plaintes déposées avec l'aide de défenseurs des droits humains suivent leurs cours et, tout en se refusant à tout commentaire sur une affaire particulière, les Douanes américaines ont assuré au journal «ne pas tolérer les abus dans leurs rangs». Pas sûr qu'un accord comme celui intervenu au Nouveau Mexique puisse être trouvé dans le dernier de ces dossiers.

FranceUSAmedia.com

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