Des françaises victimes d'erreurs médicales au Canada

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Des françaises victimes d'erreurs médicales au Canada

Plusieurs patientes françaises atteintes de cancer du sein figurent au nombre des victimes d'erreurs médicales d'un laboratoire canadien dans un scandale qui a secoué la province de Terre-Neuve.

Pour une association de victimes, cette affaire témoigne aussi de dysfonctionnements dans le système de santé de l'archipel français, les autorités médicales ayant informé les patientes des erreurs commises par un laboratoire de Terre-Neuve avec deux ans de retard.A Saint-Jean de Terre-Neuve, le scandale a éclaté à la suite de la découverte qu'un laboratoire avait commis une série d'erreurs dans des tests visant à déterminer le meilleur traitement pour des femmes atteintes d'un cancer du sein.Il s'agissait de déterminer si le cancer des malades était hormonodépendant. Un résultat positif au test indiquait que les patientes pourraient, outre une éventuelle chimiothérapie, bénéficier d'un traitement inhibiteur d'hormones susceptible de diminuer considérablement les risques de récidive.Entre 1997 et 2005, le laboratoire a testé des centaines de femmes canadiennes et de nouveaux tests ont fait apparaître qu'il s'était trompé dans 383 cas. Une centaine de ces femmes ont succombé à leur cancer.Huit femmes de Saint-Pierre et Miquelon - dont de nombreux habitants vont se faire soigner au Canada en vertu d'une convention - sont concernées par cette affaire, selon les autorités de la santé de Terre-Neuve. Trois d'entre elles avaient été testées à tort négatives, alors qu'elles avaient un cancer hormonodépendant.Une seule de ces trois femmes est encore en vie et elle a livré un témoignage émouvant la semaine dernière devant la commission d'enquête mise en place au printemps 2008 à Terre-Neuve pour faire toute la lumière sur cette affaire.Marie-France Télétchéa a raconté comment, se croyant en rémission, elle avait été informée en 2005, cinq ans après son diagnostic de cancer du sein, qu'elle n'avait pas subi le traitement approprié.«Je suis allée voir sur internet le nom des médicaments que je devais prendre», a-t-elle dit, en indiquant avoir découvert au cours de ses recherches sur la toile qu'il y avait eu des erreurs médicales et que des femmes dans une situation similaire à la sienne étaient en «phase terminale». Un groupe de défense des victimes de l'archipel - l'Association pour la recherche de la vérité sur les erreurs médicales (ARVEL) - s'est créé en 2008 dans la foulée de la commission d'enquête. Se basant sur des documents obtenus lors de l'audience de Mme Télétchéa, sa présidente Andrée Olano explique que la doctoresse qui exerçait les fonctions de médecin conseil de la sécurité sociale de Saint-Pierre et Miquelon était au courant de ces erreurs dès la fin de 2005. Mais les patients n'ont été prévenus qu'au printemps 2008 par le nouveau médecin conseil de sécurité sociale.Patricia Pilgrim, responsable de la régie de la santé à Terre-Neuve, a de son côté déclaré à l'AFP que ses services avaient informé le responsable médical de Saint-Pierre et Miquelon à l'automne 2005 que de nouveaux tests allaient être réalisés et de leur résultat en 2006. «Nous n'avons pas oublié les patientes françaises», a-t-elle assuré.La présidente du Conseil d'administration de la Caisse de prévoyance sociale (CPS) de Saint-Pierre, Mme Jacqueline André, affirme que les responsables de cet organisme n'avaient pas été informés «par le médecin conseil de l'époque». «Je trouve cela inadmissible qu'elle ne nous ait pas prévenus», a-t-elle dit à l'AFP.Quelles que soient les responsabilités dans cette affaire, Mme Olano espère que le système de santé de l'archipel sera réformé pour qu'un tel drame ne se reproduise jamais.as/ps/ycl (afp)

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