Genève Ville propre: Des graffitis pour chasser les tags
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Genève Ville propreDes graffitis pour chasser les tags

La municipalité projette de mettre des espaces publics à la disposition des graffeurs, selon une information dévoilée par Léman Bleu. Le but est de valoriser leur art face aux tags, ces signatures dont la Ville entend bien se débarrasser.

par
tpi

Voilà près plus d'un an et demi que la Ville est partie en croisade contre les tags. Pierre Maudet s'est fait le champion de la lutte contre ces signatures jugées disgracieuses. Et après avoir lancé une vaste campagne de nettoyage des murs de la cité, le Conseiller administratif s'apprêterait à dégainer une nouvelle arme, le graffiti.

Le projet est encore en consultation. Mais la Ville devrait prochainement annoncer son intention de laisser certains espaces libres à la créativité de graffeurs, choisis sur concours. Les lieux concernés seraient en priorités les palissades et les bâches de chantier, comme celles qui garnissent actuellement la plaine de Plainpalais. Mais il n'est pas exclu d'intégrer les œuvres de manière pérenne dans certains endroits de la ville. Le but avoué est de valoriser le graffiti face aux tags, et de dissuader certains de laisser leur signature sur les façades des immeubles.

Pour Serval, qui pratique le graffiti à Genève depuis 17 ans, le projet de la Ville pose certaines questions. «Pourquoi mettre la priorité sur les espaces temporaires? Et si on voulait vraiment valoriser le travail des artistes, alors pourquoi ne pas les payer? Le peintre en bâtiment qui travaille sur une palissade de chantier est rémunéré». Pour lui, cette démarche aurait donc plutôt tendance à maintenir les graffeurs dans une condition de sous-artistes.

Le bénéficiaire du programme serait, selon lui, davantage à chercher du côté du Département de l'environnement urbain et de la sécurité. «Je comprends l'intérêt de la Ville, explique Serval, ça donnera surtout une bonne visibilité à M. Maudet. Mais un graffeur obtient de la visibilité où il veut et quand il veut».

Raoul Schrumpf, porte-parole de Pierre Maudet: «D’ici la fin de l’année, nous allons organiser une exposition temporaire ou un concours de graffitis sur une bâche sur la plaine de Plainpalais». «Nous hésitons encore entre contacter des graffeurs reconnus ou laisser l’espace à disposition.» «Si [ce projet pilote] plaît aux graffeurs et au public, nous pourrions imaginer reconduire l’expérience à plus large échelle.»

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