Actualisé 31.08.2007 à 12:30

Des hausses de salaires de 3% à 4% pour tous

Les syndicats affiliés à l'Union syndicale suisse exigent des hausses générales de salaires de 3% à 4% selon les branches pour 2008, en plus de la pleine compensation du renchérissement.

Une hausse supplémentaire de l'ordre de 1% est demandée pour les femmes.

«La situation économique, qu'il s'agisse des exportations ou du marché intérieur, est excellente», a souligné vendredi le président de l'USS, le conseiller national Paul Rechsteiner (PS/SG). Et les chances de voir la reprise se maintenir l'an prochain en Suisse sont bonnes, malgré les turbulences qui agitent les marchés financiers, prévoit Daniel Lampart, chef économiste à l'USS. Une croissance de 2% ou plus du PIB est attendue.

Par ailleurs, seuls les grands managers et les actionnaires ont profité de la reprise jusqu'à présent, argumente encore l'USS pour justifier ses revendications salariales. Selon les calculs de Daniel Lampart, malgré la hausse réelle de 1,5% obtenue en 2007, les salaires accusent toujours un retard de 2% par rapport à la hausse de la productivité du travail et du PIB.

«L'important est que les hausses soient générales», a souligné Paul Rechsteiner, la «grande majorité des salariés» se faisant «blouser lorsque les chefs fixent comme bon leur semble les salaires et leurs adaptations.» L'individualisation des augmentations, telle qu'elle s'est répandue depuis les années 1990, implique un trop grand risque d'arbitraire, comme le prouvent les écarts «exagérés» entre les salaires des cadres et le reste du personnel dans certaines entreprises.

Effort supplémentaire pour les femmes

Les syndicats veulent également profiter de la bonne conjoncture pour combler les inégalité salariales entre les hommes et les femmes, ces dernières gagnant toujours près d'un cinquième de moins que leurs collègues masculins, a rappelé Natalie Imboden, du syndicat Unia. En fonction du besoin de rattrapage, une hausse spécifique des salaires féminins de l'ordre de 1% sera demandée, le cas échéant sous forme de provisions.

Pour faire avancer l'égalité salariale, l'USS demandera en outre aux entreprises de plus de 1.000 employés de vérifier leurs salaires, à l'aide de l'instrument de contrôle conçu par la Confédération, Logib. A partir de là, il sera possible de convenir d'un plan de mesures, souligne Natalie Imboden.

150 francs en plus dans le commerce de détail

Concrètement, Unia va demander des hausses de 3% à 4,5% pour les branches de l'économie d'exportation, soit la chimie, l'industrie pharmaceutique ou encore l'industrie des machines. S'agissant du secteur des services, une augmentation générale de 150 francs sera exigée dans le commerce de détail et de 200 francs dans les transports routiers.

Pour ce qui concerne la construction, Unia ne s'est pas encore prononcé, après l'échec des négociations l'an dernier et la résiliation de la convention nationale de travail par les entrepreneurs pour la fin septembre 2007.

Swisscom montré du doigt

Dans l'administration, le Syndicat des services publics (ssp) exige une hausse de 3% des salaires et la pleine compensation du renchérissement. La Confédération, les cantons et les communes sont en outre priés de «jouer un rôle moteur» dans la suppression des différences salariales entre les hommes et les femmes.

Enfin, le Syndicat de la communication revendique une augmentation de salaires de 4% à La Poste et pour la branche des télécoms. Swisscom doit en outre mettre un terme à la discrimination dont sont victimes les employés à temps partiel, en majorité des femmes, qui ne touchent aucun supplément de salaire pour compenser les heures supplémentaires. (ap)

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