Actualisé 09.11.2006 à 15:40

Des hauts salaires en Suisse? Un mythe!

La Suisse n'est pas le pays dans lequel les salaires sont les plus élevés. On gagne, par exemple, deux fois mieux sa vie aux Etats-Unis!

Ces résultats proviennent d'une étude réalisée par PricewaterhouseCoopers (PwC).

«Il est de bon ton de dire que nous versons les salaires les plus élevés en Suisse. Je crois que cette affirmation est totalement fausse», a déclaré jeudi à Zurich Urs Klingler, spécialiste des ressources humaines chez PwC. Les entreprises américaines versent de meilleurs salaires, tout en affichant une rentabilité supérieure à celle des sociétés européennes.

«Les bénéfices des compagnies d'outre-Atlantique sont jusqu'à dix fois plus importants», a relevé M. Klingler. Alors qu'entre 2001 et 2004, le bénéfice par emploi à temps plein a grimpé de 4500 à 6000 euros (7200 à 9600 francs) en Europe, ce montant a plus que triplé aux Etats-Unis, passant de 15 000 à 55 000 euros.

Les Américains sont plus rapides et flexibles que les Européens, ce qui explique la croissance plus vigoureuse des Etats-Unis, a ajouté le spécialiste. Et les entreprises américaines accentuent leur avance. Cette rentabilité accrue ne résulte pas de salaires de misère.

Américains plus productifs

Au contraire: «La rémunération moyenne (y compris les charges sociales) est plus élevée aux Etats-Unis», indique l'étude de PwC. A 70 000 euros, elle représente presque le double du salaire de 38 000 euros versé en Europe.

Présentant une croissance économique plus rapide, les Américains ont pu verser des salaires plus élevés. Outre-Atlantique, la productivité s'est accrue de 3,1 %, contre 1,6 % en Europe de l'Ouest.

En matière salariale, la Suisse se trouve dans la moyenne européenne, mais elle a perdu du terrain, a noté M. Klingler, soulignant un «problème de productivité». «Notre pays doit croître, sinon notre qualité de vie s'en trouvera altérée.»

Dans la plupart des entreprises la direction générale met particulièrement l'accent sur la gestion de la société. A tel point que nombre de firmes organisent chaque année un ou plusieurs cours pour leurs hauts responsables. En Europe, les investissements dans ce genre de formations devraient avoisiner 1,5 milliard d'euros.

Manque d'efficacité

Mais «en 2003 la direction des entreprises ne s'est pas fondamentalement améliorée», affirme l'étude. Celle-ci remet en question l'efficience des mesures destinées à développer les capacités directionnelles.

Et bien souvent, les cadres supérieurs n'ont qu'une faible connaissance de la valeur et l'état du personnel. Ils ne connaissent pas de manière appronfondie les qualifications, l'expérience, les compétences sociales ou l'engagement et la motivation des collaborateurs.

Souvent, la direction ne sait pas si les bonnes personnes sont engagées dans les bonnes fonctions. «Il y a beaucoup d'entreprises dans lesquelles on ne sait pas si les gens sont absents ou non», a dit M. Klingler. Dans certains cas, des employés tombant malades restent même 10 à 15 jours à la maison. (ats)

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