Nucléaire iranien: «Des informations fausses et fabriquées par le régime sioniste»

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Nucléaire iranien«Des informations fausses et fabriquées par le régime sioniste»

Téhéran a critiqué avec véhémence la résolution de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dont il est frappé. La perspective d’un accord s’éloigne.

L’Iran avait conclu en 2015 un accord avec les puissances mondiales sur la limitation de son programme nucléaire.

L’Iran avait conclu en 2015 un accord avec les puissances mondiales sur la limitation de son programme nucléaire.

AFP

L’Iran a dénoncé jeudi la résolution adoptée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) critiquant Téhéran. Ce nouveau désaccord éloigne la perspective d’une solution sur le dossier sensible du nucléaire iranien. «L’Iran condamne l’adoption de la résolution, présentée par les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne lors du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, qui est une action politique, non constructive et incorrecte», affirme jeudi, un communiqué du ministère iranien des Affaires Étrangères.

Cette critique adressée à l’Iran – la première depuis juin 2020 – a été approuvée mercredi par 30 membres du conseil des gouverneurs de l’AIEA. Seules la Russie et la Chine ont voté contre. La résolution est intervenue après que l’AIEA, basée à Vienne, a fait part de ses inquiétudes concernant des traces d’uranium enrichi précédemment trouvées sur trois sites que Téhéran n’avait pas déclarés comme ayant hébergé des activités nucléaires.

«Le programme nucléaire le plus transparent au monde»

«L’adoption de la résolution, qui est basée sur le rapport hâtif et déséquilibré du directeur général de l’AIEA et sur des informations fausses et fabriquées par le régime sioniste, ne fera qu’affaiblir le processus de coopération et d’interaction entre la République islamique d’Iran et l’Agence», a indiqué le communiqué du ministère iranien des Affaires étrangères.

«L’Iran a pris des mesures réciproques en raison de l’approche non constructive de l’Agence et de l’adoption de la résolution, y compris l’installation de centrifugeuses avancées et la désactivation des caméras», a affirmé l’Organisation iranienne de l’énergie atomique. L’OIEA avait déclaré mercredi, dans un communiqué, avoir déconnecté certaines des caméras de l’AIEA surveillant ses sites nucléaires, y compris celles qui contrôlaient le moniteur d’enrichissement en ligne.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a également critiqué la résolution dans un message sur Twitter, affirmant que l’Iran avait «le programme nucléaire pacifique le plus transparent au monde». «Les initiateurs sont responsables des conséquences. La réponse de l’Iran est ferme et proportionnée», a-t-il ajouté.

«Remplir ses obligations légales

Après l’adoption de la résolution, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont exhorté l’Iran «à remplir ses obligations légales et à coopérer avec l’AIEA». «Nous exhortons l’Iran à répondre à l’appel de la communauté internationale à respecter ses obligations juridiques, et à coopérer avec l’AIEA pour clarifier et résoudre pleinement ces questions, sans délai supplémentaire», indique un communiqué des quatre pays.

L’Iran a conclu en 2015 un accord avec les puissances mondiales sur la limitation de son programme nucléaire en échange d’un allégement des sanctions. Mais l’accord est moribond depuis que l’ex-président Donald Trump en a retiré unilatéralement les États-Unis en 2018 et a réimposé des sanctions à Téhéran. Un an après ces nouvelles sanctions économiques sévères, l’Iran a commencé à revenir sur ses engagements dans le cadre de l’accord.

Caméras déconnectées

L’Iran a informé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) du «retrait de 27 caméras» de surveillance des activités nucléaires, a annoncé jeudi l’instance onusienne, en riposte à l’adoption d’une résolution critiquant Téhéran.

Cette mesure «pose naturellement un sérieux défi à notre capacité à continuer à travailler là-bas», a déclaré le directeur général Rafael Grossi, lors d’une conférence de presse au siège de l’AIEA à Vienne.

L’Iran avait annoncé mercredi avoir déconnecté certaines des caméras, sans en préciser le nombre, pour protester contre le vote au Conseil des gouverneurs d’une résolution le rappelant formellement à l’ordre pour son manque de coopération.

L’AIEA, chargée de s’assurer du caractère pacifique du programme nucléaire iranien, peut continuer les inspections et a d’autres outils à sa disposition mais la décision de Téhéran aboutit à «moins de transparence, plus de doutes», a expliqué Rafael Grossi.

(AFP)

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