Facebook - Des ingénieurs ont profité de leurs accès privilégiés
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FacebookDes ingénieurs ont profité de leurs accès privilégiés

Plusieurs salariés du géant américain ont été licenciés après avoir réglé des affaires privées à l’insu de leur employeur.

L’année 2014 a été marquée chez Facebook par le rachat de WhatsApp et d’Oculus VR. Mais en interne, la firme de Mark Zuckerberg s’est livrée à une grande purge de salariés déloyaux, selon un ouvrage qui vient de paraître. Entre janvier 2014 et août 2015, pas moins de 52 employés ont été licenciés par l’entreprise pour avoir accédé à des fins personnelles à des données privées d’utilisateurs.

«Il n’y avait rien d’autre que la propre bonne volonté des employés pour les empêcher d’abuser de leur accès aux informations privées des utilisateurs.»

Sheera Frenkel et Cecilia Kang, auteurs de «An Ugly Truth: Inside Facebook’s Battle for Domination»

Les auteurs mentionnent notamment deux cas d’ingénieurs. En voyage en Europe, l’un aurait profité de ses privilèges pour retrouver sa compagne qui venait de quitter leur hôtel après une dispute. Un autre aurait utilisé ses codes d’accès pour obtenir des informations sur une femme qui ne répondait plus à ses messages. Selon l’ouvrage, les accès lui permettaient notamment d’obtenir «des années de conversations privées sur Facebook Messenger, des événements auxquels elle avait assisté, des photos téléchargées (y compris celles qu’elle avait supprimées) et des publications qu’elle avait commentées ou juste consultées».

L’ADN de Mark

À l’époque, plus de 16’000 employés avaient accès aux données privées des utilisateurs afin de «supprimer les formalités administratives qui ralentissaient les ingénieurs», selon des témoignages recueillis. Ancien directeur de la sécurité chez Facebook, Alex Stamos aurait alors suggéré de limiter ces accès à moins de 5000 employés et à moins de 100 pour les informations particulièrement sensibles comme les mots de passe.

D’autres salariés auraient aimé restreindre le champ des données récoltées, mais sans conviction car c’était «non conforme à l’ADN de Mark Zuckerberg». «Avant même que nous lui présentions ces options, nous savions que ce n’était pas une voie qu’il choisirait», ont-ils témoigné dans l’ouvrage que l’on peut traduire par «Une vérité peu glorieuse: la bataille de Facebook pour dominer le monde».

Facebook affirme de son côté appliquer une politique stricte en matière d’utilisation des droits d’accès privilégiés au sein de son groupe. «Nous avons toujours eu une tolérance zéro pour les abus et avons licencié chaque employé surpris en train d’accéder de manière inappropriée à des données», a répondu la firme au site BusinessInsider.

La cohabitation entre la directrice opérationnelle, Sheryl Sandberg, et le patron Mark Zuckerberg est sujette à des tensions, indique également l’ouvrage «An Ugly Truth: Inside Facebook’s Battle for Domination».

La cohabitation entre la directrice opérationnelle, Sheryl Sandberg, et le patron Mark Zuckerberg est sujette à des tensions, indique également l’ouvrage «An Ugly Truth: Inside Facebook’s Battle for Domination».

AFP
(laf)

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