Berne: Des intervenants feux bleus victimes de stress post-traumatique
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BerneDes intervenants feux bleus victimes de stress post-traumatique

Une étude bernoise le révèle. Les pompiers, policiers et le personnel infirmier sont très souvent marqués par les interventions. Ils peuvent, dans des cas graves, avoir des pensées suicidaires.

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lah/jbm
Lors d’une intervention traumatisante, les intervenants ont la possibilité de suivre un débriefing pour relâcher la pression.

Lors d’une intervention traumatisante, les intervenants ont la possibilité de suivre un débriefing pour relâcher la pression.

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Les secouristes qui interviennent dans des situations tendues, qui sont confrontés à des personnes agressives ou à des situations délicates comme des suicides ont des risques de développer des troubles liés au stress ou alors d’avoir eux-mêmes des pensées morbides. Telle est la conclusion d’une étude menée par le Service psychiatrique universitaire de Berne, en collaboration avec la clinique privée de Meiringen.

Sur plus de 1000 intervenants feux bleus, ayant participé à cette enquête, 8% des pompiers souffrent de symptômes post-traumatiques. Parmi les ambulanciers et les policiers, 15% sont affectés. Chez les urgentistes, la proportion monte à 18% et au sein du personnel infirmier psychiatrique, ce chiffre atteint les 22%.

De l’aide auprès des collègues

Une infirmière d’une unité psychiatrique en soins aigus du Service psychiatrique universitaire de Berne témoigne. Si elle se sent concernée, c’est qu’elle constate que des situations génèrent des réactions de stress élevé. «C’est normal, dit-elle. Mais si ce sentiment de stress persiste, la situation devient problématique.»

Une thérapie réalisée de manière professionnelle est primordiale pour les soutenir. Une activité équilibrée, un peu de sport, des discussions avec des collègues de travail, tels sont également des éléments qui apportent une réponse pour gérer ce stress. Du reste, les employés du Service psychiatrique universitaire de Berne bénéficient d’un soutien psychologique et de cours gratuits à cet effet.

Formation et suivi

L’équipe qui a mené cette étude souligne dès lors un besoin urgent de formation et de services de conseil dédiés aux travailleurs de l’urgence.

La problématique des interventions laissant des séquelles est prise très au sérieux et ce depuis de nombreuses années au sein de la police genevoise, que nous avons contactée. Il existe ainsi un service psychosocial qui suit des collaborateurs et collaboratrices lorsque cela s’avère nécessaire. En sus, une cellule de débriefing composée de policiers et policières de terrain ayant suivi une formation particulière est disponible 24 h/24. Elle est activée de manière automatique dès qu’une intervention potentiellement traumatisante est assurée par les intervenants et intervenantes.


«Au sein de la Police cantonale vaudoise nous n’avons pas réalisé d’étude ou de statistiques auprès de nos policiers concernant d’éventuels symptômes liés au stress post traumatiques. Cependant, nous restons vigilants à ce phénomène car nous savons que dans le cadre d’une mission de police, les policiers peuvent être confronter à des situations violentes, difficiles à surmonter et susceptible d’engendrer un syndrome de stress post traumatique» indique une porte-parole. Elle ajoute que «pour prévenir de ce syndrome de stress post traumatique, l’institution dispose d’une cellule composée de psychologues et de policiers débriefeurs formés au soutien psychologique d’urgence. Tous les collaborateurs policiers qui le souhaitent, peuvent ainsi bénéficier d’aide immédiate, de défusing et/ou débriefing émotionnel suite à un événement potentiellement traumatique.»

Envies suicidaires? Faites-vous aider!

Selon Stopsuicide.ch, la problématique du suicide est un sujet complexe et multiple qui ne peut s’expliquer au travers d’une réponse unique. Cette association vise à briser le tabou qui englobe le suicide afin de réfléchir aux différents moyens permettant de mettre en œuvre une aide concrète destinée aux jeunes en souffrance.

D’autres structures comme La Main Tendue (composez le 143) et la Ligne d’aide pour jeunes (147) sont également disposées à aider.

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