Genève: Des jeunes conducteurs floués exigent réparations
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GenèveDes jeunes conducteurs floués exigent réparations

Les élèves d'une auto-école fermée à la suite de dysfonctionnements ont adressé une pétition à l'Etat. Ils veulent récupérer leur argent.

par
David Ramseyer
photo: Kein Anbieter

«On a dépensé de 400 à 500 fr., des montant importants pour des jeunes de 20 ans. On a porté plainte en justice, on espère toucher quelque chose mais on n'y croit pas trop», soupire Lucas Perdrisat. Pourtant, cet élève de l'Auto-école de la Servette (AES) récemment close après une vive polémique (encadré) ne veut pas baisser les bras.

Leurs cours de conduite brusquement interrompus, lui et plus d'une centaine de ses camarades ont adressé mardi dernier une pétition au conseiller d'Etat Luc Barthassat, dont le Département des transports gère l'attribution des permis de conduire. Ils demandent au magistrat d'intervenir en leur faveur.

Explications réclamées

«Nous voulons être remboursés, ou du moins obtenir des arrangements financiers pour s'inscrire dans une autre auto-école», explique Lucas Perdrisat. Les pétitionnaires attendent aussi des explications de l'Etat. «Visiblement, cela fait des années que l'administration était alertée des pratiques douteuses d'AES. Pourquoi n'a-t-elle rien fait?»

Luc Barthassat dit «comprendre la colère des personnes qui se sentent grugées». Il s'engage à recevoir les signataires du texte et encourage les entreprises concurrentes à leur faire des offres. «Mais la relation entre l'élève et AES relève du droit privé, note Philippe Matthey, secrétaire général du Département des transports. L'Etat ne peut pas intervenir sur le plan financier.»

Nouvelles mesures promises

Le Canton souligne que si des contrôles inopinés dans les autos-écoles avaient lieu par le passé, il a créé l'an dernier un poste à part entière pour vérifier de manière plus intensive le travail des moniteurs de conduite. Selon lui, c'est ce qui a permis la fermeture de l'Auto-école de la Servette.

«Un groupe de travail va oeuvrer dès ce jour pour proposer des mesures qui pourront compléter celles déjà en vigueur, précisent les services de Luc Barthassat. Un second sera constitué cet automne, plus spécifiquement pour les examens de conduite».

Sortie de route

Côté pile: une entreprise bien connue de la place, dotée d'une clientèle nombreuse grâce à des tarifs très attractifs. Côté face: une avalanche de dysfonctionnements qui duraient vraisemblablement depuis des années. Cours donnés sans autorisation, employés non diplômés, classes surchargées, salle non homologuée et gestion administrative olé-olé ont finalement provoqué la chute de l'Auto-école de la Servette (AES) au printemps dernier. L'Etat a porté plainte contre ces pratiques jugées illégales et la société a définitivement fermé ses portes le 10 mai. Des centaines d'élèves conducteurs se sont alors retrouvés en rade, sans possibilité de suivre les cours 2-phases pour l'obtention définitive de leur sésame.

Selon «Le Matin», AES a délivré au moins 10'000 permis de conduire qui au final ne remplissaient pas les conditions requises. Le Canton a néanmoins assuré que ces documents restaient valables car "les personnes ont démontré devant les experts de la Direction générale des véhicules avoir acquis les connaissances suffisantes pour conduire".

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