Après le non aux minarets: Des jeunes UDC vaudois violent la loi sur Facebook
Actualisé

Après le non aux minaretsDes jeunes UDC vaudois violent la loi sur Facebook

De jeunes UDC vaudois ont lancé une page pour soutenir Oskar Freysinger, qui s'est fait haranguer à la sortie du Centre islamique de Lausanne, dimanche.

par
Catherine Bex

«Je vous boxerais bien la gueule», a jeté un homme au politicien après le oui des Suisses sur l'initiative anti-minarets. «Ah! Bon!... C'est votre problème, pas le mien», a répliqué Oskar Freysinger, fer de lance de l'initiative en Suisse romande.

Choqués par ces propos, le président et le vice-président des Jeunes UDC vaudois ont mis la photo de cette personne sur Facebook, en appelant à la mobilisation pour défendre le conseiller national valaisan. «Pour protéger Oskar Freysinger contre la violence des intégristes», tel est le nom de cette page qui a déjà attiré quelque 370 membres et qui a même lancé un «wanted» à l'encontre de l'inconnu.

Une violation de la loi

Mais les Jeunes UDC sont peut-être allés trop loin en publiant sans droit cette photo. L'inconnu pourrait porter plainte pour violation de son droit à l'image. Le Code civil et le Code pénal protège en effet toute personne de l'usage abusif de tout cliché la concernant, comme l'explique Olivier Guillod, professeur de droit civil à l'Université de Neuchâtel. «Si cette personne n'a pas donné son accord pour cette publication, elle peut déposer plainte ou exiger qu'elle soit retirée du site en raison de la protection de sa personnalité. Une personne peut parfaitement décider d'une publication dans un média particulier, sans octroyer d'autorisation dans un autre.»

La légende-photo du site pose également problème. Il y est inscrit «wanted» sous le portrait de l'inconnu. «Cela désigne la personne comme cible, cela la criminalise par association d'idées», souligne Olivier Guillod. «En plus d'une atteinte à son image, il pourrait y avoir aussi une atteinte à son honneur.»

Ignorance et volonté

Le président des Jeunes UDC, Kevin Grangier, et son vice-président, Nicolas Dayer, ignoraient aller à l'encontre de la loi en agissant ainsi. Pour autant, ils refusent de retirer l'image. «Que cette personne assume ses propos et vienne s'expliquer», exigent les deux hommes. Et Nicolas Dayer, auteur de cette capture d'écran, d'ajouter: «Si ce monsieur se manifeste et s'excuse, j'enlèverai tout de suite cette photo et nous fermerons cette page. Mais sans excuses de sa part, je laisserai la photo! Il faut qu'il assume ses propos. Sans les caméras, il aurait peut-être agressé Oskar Freysinger.» Quant au «wanted», Nicolas Dayer modère: «Ce n'est pas un «wanted» de vengeance, mais on le recherche juste pour qu'il s'explique.»

Une photo à retirer

Oskar Freysinger, qui ignorait l'existence de cette page, a trouvé ce geste «sympathique». Mais «ce sont aux institutions existantes de protéger les représentants du peuple». Le terme «wanted» le dérange toutefois. «Ça, ils peuvent l'enlever. On n'est pas en train de chasser les gens. Ce n'est pas un criminel. Il a juste pété les plombs.» Quant à la photo et à l'illégalité de la démarche, le Valaisan se veut pragmatique. «Je leur conseillerais de l'enlever. Les gens sont libres. Je ne suis pas un policier de la pensée.»

Reprenez ce thème sur votre page web, votre compte Facebook ou votre blog:

Ton opinion