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Drame d'Allinges (F)Des larmes pour des enfants arrachés à la vie

Les victimes ont témoigné de leurs séquelles et de leur peine, hier au procès du drame. Sept lycéens avaient péri dans l'accident, en 2008.

par
Henri Della Casa
Linda (deuxième depuis la gauche), entourée de sa maman et de ses soeurs.

Linda (deuxième depuis la gauche), entourée de sa maman et de ses soeurs.

«Il y a quatre ans et dix mois, j'avais une famille. Aujourd'hui je n'ai plus rien.» La maman de Fanny était le premier parent des sept écoliers de 12-13 ans décédés dans le drame d'Allinges à raconter son calvaire, hier au cinquième jour du procès à Thonon-les-Bains.

Sa fille, adoptée au Vietnam, n'a pas survécu à la collision entre un train et son bus scolaire, le 2 juin 2008, sur un passage à niveau. «Quand je suis arrivée au lycée, personne n'osait me regarder, s'est rappelée cette femme qui a perdu son époux il y a quatre mois. Puis mon mari est sorti d'une salle et m'a dit «non». J'ai compris».

Jeunesse meurtrie

A mesure que les parents racontaient les derniers instants de leur enfant, les larmes coulaient dans la salle. Et sur le visage de Linda. La collégienne a été la plus gravement blessée, son corps restant encore meurtri par des cicatrices profondes.

A la barre, sa mère a raconté comment Linda, à la sortie de son coma, a demandé des nouvelles de sa copine Natacha. «Les médecins m'ont dit que c'était mieux que je le lui dise moi-même: j'ai dû lui annoncer que sa meilleure amie était décédée».

Les séquelles de cette jolie jeune fille l'ont contraint à abandonner sa formation de coiffeuse. Quant à son chagrin, il a souvent effrayé la mère de famille. «J'ai trouvé des mots où elle écrivait «Pardon Maman, j'ai envie de partir», a livré celle-ci. J'ai eu peur qu'elle ne passe à l'acte.»

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