Actualisé 14.10.2015 à 15:51

Genève

Des logements sociaux à la place des villas

L'Exécutif genevois a dévoilé mercredi ses pistes contre la crise du logement. Il veut fixer un taux d'habitats bon marché lors d'un déclassement en zone villa.

de
Julien Culet
Genève est contraint de densifier pour offrir plus de logements.

Genève est contraint de densifier pour offrir plus de logements.

Il manque aujourd'hui 20'000 logements pour que chaque Genevois trouve l'habitat dont il a besoin et qui corresponde à ses moyens. Pour faire face à cette pénurie, le Conseil d'Etat a listé 38 propositions qui seront soumises au Grand Conseil. Un rapport qui a été présenté mercredi.

L'Exécutif souhaite notamment favoriser la construction de logements d'utilité publique (LUP). Ils représentent aujourd'hui un peu plus de 9% du parc immobilier cantonal. Or, l'Etat a pour obligation légale d'atteindre 20%. Pour y arriver, il propose une mesure obligeant à bâtir un tiers de logements sociaux lors d'un déclassement de zone villa. Car, dans ces dernières, «les propriétaires choisissent le plus souvent l'option leur permettant de construire le moins de LUP possible», regrette Antonio Hodgers, conseiller d'Etat au logement.

Une mesure qui s'explique par l'impossibilité pour Genève de déclasser davantage en zone agricole. La Confédération impose en effet un minimum de terrains non constructibles. Le Canton, arrivé à la limite, doit donc se tourner vers les zones villa, qu'il faudra densifier pour créer du logement.

Arrangements entre voisins affaiblis

Par ailleurs, le Conseil d'Etat propose de simplifier la levée des servitudes croisées. Il s'agit d'accords entre propriétaires voisins qui s'interdisent l'un l'autre de construire sur leur parcelle. Cela bloque ensuite l'Etat qui veut bâtir. Les autorités doivent faire une demande au Grand Conseil pour faire sauter ces arrangements. «La mesure envisagée supprimerait cette étape parlementaire. Nous gagnerons ainsi plusieurs années dans la construction d'un projet immobilier», indique le ministre.

Présentées au Grand Conseil, les mesures devront ensuite faire l'objet de lois, de modifications de règlements ou de directives internes. Un premier bilan est prévu fin 2016.

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