Suisse - Des gymnasiens volent du matériel radioactif pendant un cours de physique

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SuisseDes gymnasiens volent du matériel radioactif pendant un cours de physique

Une classe d’école était censée prendre des mesures sur un échantillon de radium 226. À la fin de la leçon, la substance radioactive avait disparu.

La source de radium 226 présentait une activité de 3 kBq, comparable à «Une vieille montre avec un cadran luminescent», selon l’OFSP.

La source de radium 226 présentait une activité de 3 kBq, comparable à «Une vieille montre avec un cadran luminescent», selon l’OFSP.

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L’incident s’est déroulé l’année dernière mais l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) vient de le rendre public dans son rapport annuel sur la radioprotection et la dosimétrie, rapporte «20 Minuten». Dans un collège, quelque part en Suisse, des élèves ont réalisé des expériences avec du matériel radioactif lors d’un cours de physique. Mais à la fin de la leçon, la source de radium 226 était manquante. L’enseignant a alors fait appel à la direction de l’école et à l’OFSP.

Des travaux pratiques radioactifs

Le rapport de l’OFSP décrit la situation: «Dans le cadre de travaux pratiques de physique, les élèves d’un lycée ont effectué diverses mesures avec des sources radioactives de faible intensité. Les élèves ont d’abord été informés des dangers et de la manipulation correcte des sources avant que le professeur ne les laisse à leurs travaux de groupe.» Sauf qu’en fin de matinée, la source de radium 226 avait disparu et l’enseignant n’a pas pu la remettre dans le coffre comme prévu. Les élèves ont fait comme s’ils n’étaient au courant de rien et le professeur a donc dû le signaler à l’administration scolaire.

L’OFSP a presque dû intervenir

L’école a fixé un ultimatum de 14 heures aux élèves pour rapporter la source radioactive, en vain. Elle a donc demandé conseil à l’OFSP qui a fourni des informations sur les conséquences potentielles d’un tel acte, à savoir: enquête de police, inculpation pénale et sanction. De plus, l’OFSP a proposé une marche à suivre pour que la source soit rendue anonymement.

Le lendemain matin, il y avait une boîte dans la classe vide et les élèves devaient entrer individuellement les uns après les autres. «Au préalable, on leur avait garanti qu’on ne vérifierait qu’à la fin si la source était dans la boîte. Grâce à cette procédure, le radium 226 a pu être récupéré sans aucune démarche officielle supplémentaire», poursuit le rapport.

Un incident unique

L’OFSP indique qu’aucun cas similaire n’a été documenté jusqu’à présent. Son porte-parole, Daniel Dauwalder, explique que la source ne présentait qu’un faible risque. En effet, la limite d’activité pour laquelle une autorisation est requise pour les sources de radium 226 est de 2 kBq. Or celle qui a été subtilisée présentait une activité à peine supérieure, de 3 kBq. «Une vieille montre avec un cadran luminescent a une activité comparable», selon Daniel Dauwalder.

Raison pour laquelle l’OFSP estime que si les voleurs n’avaient pas remis l’échantillon dans la boîte, aucune procédure pénale n’aurait pas été ouverte contre eux, ils auraient juste risqué une petite amende. «Les dommages sanitaires causés par l’irradiation directe d’une personne avec une source de cette puissance peuvent être exclus», ajoute le rapport.

Sensibiliser les écoles

Le porte-parole de l’OFSP précise encore que «l’utilisation de sources radioactives dans les écoles est déjà sévèrement limitée et fait l’objet d’un contrôle périodique par l’OFSP». Toutefois, ce dernier aimerait sensibiliser davantage les écoles à ce problème. Daniel Dauwalder explique que «les sources radioactives doivent en principe être surveillées en permanence et remises dans un coffre-fort, même lorsqu’elles ne sont pas utilisées pendant une courte période, afin de prévenir un éventuel vol.»

Des élèves curieux?

Christian Stulz, professeur de physique et président de la Commission alémanique de physique, enseigne depuis 24 ans et n’a jamais entendu parler d’un cas similaire. «C’est un mystère pour moi de savoir ce que l’étudiant voulait en faire.» Il ajoute qu’une telle source est inoffensive «même si vous la rangez sous votre lit ou la transportez dans votre poche». Le professeur espère que les voleurs ont agi par curiosité scientifique et pour réaliser leurs propres expériences. Toutefois, la perte de l’échantillon aurait été très ennuyeuse pour l’école: «Le matériel est relativement cher et coûte plusieurs centaines de francs.»

(Pascal Michel/mat)

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