Genève: Des magasins ouverts 3 dimanches par an
Actualisé

GenèveDes magasins ouverts 3 dimanches par an

Le Grand Conseil a adopté jeudi soir le contreprojet autorisant les magasins à ouvrir trois dimanches par année et le 31 décembre sous conditions.

En 2010, les Genevois avaient suivi les syndicats en refusant de prolonger l'horaire d'ouverture des magasins d'une heure le soir.

En 2010, les Genevois avaient suivi les syndicats en refusant de prolonger l'horaire d'ouverture des magasins d'une heure le soir.

photo: Keystone

Les Genevois voteront dans l'année sur l'initiative des syndicats «Touche pas à mes dimanches!» et son contreprojet. Ce dernier a été adopté jeudi soir par le Grand Conseil. Il autorise les magasins à ouvrir trois dimanches par année et le 31 décembre s'il existe une CCT étendue dans le secteur.

L'initiative populaire «Touche pas à mes dimanches!» veut maintenir la situation actuelle à Genève, en entérinant dans la loi sur les horaires d'ouverture des magasins l'interdiction d'ouvrir le dimanche tout en gardant les exceptions prévues. Elle avait été lancée en 2013, pour contrer toutes velléités d'assouplir une ordonnance relative à la loi fédérale sur le travail.

Risque juridique

La droite parlementaire a voulu lui opposer un contreprojet. Mais le texte amendé en commission ne lui a pas convenu. Il permet l'ouverture systématique des commerces le 31 décembre, un jour férié à Genève assimilé à un dimanche. Il conditionne aussi leur ouverture trois dimanches par an à l'existence d'une convention collective de travail (CCT) étendue.

«Une CCT étendue dans la législation met en danger le partenariat social. Ce n'est pas le rôle de l'Etat de favoriser une des parties», a critiqué le PLR Jacques Béné, rapporteur de minorité. Le conseiller d'Etat Pierre Maudet, en charge de l'Economie, n'a pas manqué de relever que le contreprojet, finalement adopté par la gauche et le MCG, présente un risque juridique.

Difficultés de la branche

Pour le socialiste Roger Deneys, rapporteur de majorité, il s'agit de garantir des conditions loyales, tant pour les travailleurs que pour les commerçants. Sur le fond, la gauche est contre le travail dominical. Mais elle estime, le MCG avec elle, que le contreprojet donne un minimum de garanties quant aux compensations.

Le débat a duré plus de deux heures. Pour la droite, l'ouverture des magasins quatre dimanches par an n'est pas la panacée, mais elle permettrait d'atténuer les difficultés du commerce genevois, victime du tourisme d'achat en France voisine. La branche a perdu 300 postes en 2015. A gauche, on estime que le choix des consommateurs est surtout dicté par le niveau des prix.

En 2010, les Genevois avaient suivi les syndicats en refusant de prolonger l'horaire d'ouverture des magasins d'une heure le soir. Attaquée par un référendum, la loi adoptée par la droite parlementaire prévoyait aussi de permettre l'ouverture des commerces quatre dimanches par année. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion