Publié

Tiny housesDes maisons miniatures qui ont tout des grandes

Minimalistes, sur mesure ou de série, les tiny houses font rarement office d'habitation permanente. Or, les fabricants mettent les gaz.

par
Daniela Gschweng
1 / 21
Les 14 et 15 septembre, les amateurs de tiny houses ont eu l'occasion d'aller admirer trois modèles sur le site du Dreispitz et de submerger leurs fabricants de questions.

Les 14 et 15 septembre, les amateurs de tiny houses ont eu l'occasion d'aller admirer trois modèles sur le site du Dreispitz et de submerger leurs fabricants de questions.

Daniela Gschweng
Cauma – 100% durable, des GrisonsLa confortable tiny house «Cauma» a été conçue dans les Grisons de sorte à ce que les touristes puissent y séjourner toute l'année.

Cauma – 100% durable, des GrisonsLa confortable tiny house «Cauma» a été conçue dans les Grisons de sorte à ce que les touristes puissent y séjourner toute l'année.

Daniela Gschweng
La maisonette n'est pas raccordée à l'eau et n'a pas de toilettes à l'intérieur. Pour les touristes de passage, on a préféré concevoir un WC et une douche communs à plusieurs maisonettes, ...

La maisonette n'est pas raccordée à l'eau et n'a pas de toilettes à l'intérieur. Pour les touristes de passage, on a préféré concevoir un WC et une douche communs à plusieurs maisonettes, ...

Daniela Gschweng

Si elles ne servent encore que très rarement de résidence principale, les tiny houses suscitent néanmoins un vif intérêt, comme il ressort de l'exposition organisée dernièrement par les associations «Hey und Bergs Club» et «Kleinwohnformen Schweiz», à Bâle. Les 14 et 15 septembre, les amateurs de tiny houses ont eu l'occasion d'admirer trois modèles différents sur le site du Dreispitz et de submerger leurs fabricants de questions.

Une occasion dont les visiteurs ont largement profité. «Ici, on a vraiment beaucoup d'espace de rangement», a notamment rétorqué Sonja Graesslin en réponse à quelques sceptiques, en prenant le temps de montrer chaque tiroir et placard de son chalet en bois d'à peine 20m², réalisé pour les besoins propres de la Hollandaise par son beau-frère. La maisonnette paraît étonnamment spacieuse. Malgré la demi-douzaine de visiteurs présents dans sa lumineuse pièce de vie, on ne s'y sent absolument pas à l'étroit.

Pratique, minimaliste ou un peu hobbit

A l'instar de Sonja Graesslin, presque tous les constructeurs misent sur le bois et c'est la tiny house voisine qui remporte tous les suffrages pour son aspect insolite. De forme arrondie et recouverte d'un bardage en bois, «Igluhut» ressemble à un cocon tout droit venu de Forêt-Noire.

Le revêtement extérieur est cependant une méthode de construction traditionnelle venue d'Estonie, comme l'explique Michael Schittenhelm, qui loue la maisonette à des touristes souhaitant séjourner à Hergensweiler, au lac de Constance. Il a fait de la publicité pour le modèle, par ailleurs disponible en plusieurs tailles. A l'intérieur, le toit voûté recouvert de bois lui confère un côté très «cosy».

100% local, 100% durable

Alors que la tiny house de Sonja Graesslin dispose d'une citerne d'eau sur le toit, l'«Igluhut» est alimentée en eau et en électricité par l'extérieur. Mais on peut également avoir quelque chose de 100% durable, comme le projet «Cauma», réalisé en bois des Grisons et fabriqué localement. La société de Trun à l'origine de sa conception est également le fabricant du poêle à bois.

Un panneau solaire fournit l'électricité et une épaisse couche d'isolant en laine de mouton protège du froid. «Cauma» n'est pas, pour autant, un appartement à proprement parler. Il faut se contenter d'un lit superposé, d'une table et d'un poêle à bois et renoncer à une arrivée d'eau et aux toilettes.

Une visite de maisons miniatures avec casque de réalité virtuelle

Ceux qui le souhaitaient avaient l'occasion d'enfiler un casque de réalité virtuelle et de faire une visite 2.0 du modèle «Livo», un projet de réalisation de la haute école spécialisée du nord-ouest de la Suisse FHNW. Avec ses trois étages, une terrasse de toit à donner le vertige et environ 40 m² de surface habitable, la maison préfabriquée est plutôt adaptée à l'espace urbain.

Pour se payer une tiny house, il faut débourser de 30'000 à 60'000 francs, en fonction des aménagements, de la présence ou non de panneaux solaires, d'une cuve de récupération d'eau, d'une terrasse, de toilettes sèches à combustion ou à compost. Difficile, pour le moment, d'évaluer le nombre de visiteurs présents à l'exposition qui ont réellement envie d'en faire l'acquisition. Une chose est sure: les tiny houses ne manquent pas de susciter l'intérêt. Hommes et femmes confondus ont causé isolation, aération, espace de rangement et problèmes de transport. La démonstration des toilettes sèches à combustion, qui transforme instantanément les excréments en cendres grâce à un brûleur à gaz a suscité le plus grand intérêt.

Un lancement attendu par tous les acteurs du milieu

Quand il s'agit de tiny houses, on parle, la plupart du temps, de les «tester», de leur «utilisation touristique» et de «projet». Mais personne ne s'aventure à les considérer comme un lieu d'habitation à l'année, que ce soit du côté des fabricants ou de celui des amateurs. Seule la logisticienne Sonja Graesslin envisage d'emménager dans son appartement miniature de manière permanente. Reste à savoir si elle obtiendra l'autorisation de s'installer pour au moins six mois à l'endroit désiré à Reinach. Réponse dans une à deux semaine(s). Pour l'heure, le projet pilote destiné à la location touristique «Cauma», dans les Grisons, n'est pas non plus en place. Il faudrait ériger au moins trois maisons miniatures pour que l'entreprise soit rentable, selon les responsables du projet. Or, ils n'ont, pour l'heure, eu l'accord d'en ériger qu'une seule.

Faut-il un permis spécial pour les tiny houses?

Les principaux acteurs attendent avant tout le feu vert des politiques. Il resterait non seulement à répartir des zones et à établir des normes de construction, mais également à mettre en place une réglementation spécifique aux tiny houses, comme l'explique Markus Mühlenbacher de l'association Kleinwohnformen Schweiz. S'il n'a pas pu présenter sa maison témoin à l'exposition, il est toutefois venu transmettre son savoir et distribuer de la documentation. Il est d'avis que, très souvent, tout est question de la réaction des autorités locales.

A Bâle-Ville, où les logements abordables sont rares, mais où des terrains sont toutefois disponibles, le problème n'est pas nouveau. La demande a été faite auprès du Conseil d'État bâlois pour délivrer des permis et prévoir des emplacements destinés aux tiny houses. Ce dernier a jusqu'à fin 2020 pour se prononcer à ce sujet.

A en croire le promoteur urbain Lukas Ott, la question «fait partie des dossiers prioritaires».

Ton opinion