Actualisé 24.01.2011 à 22:18

TunisieDes manifestants bravent le couvre-feu

Alors que l'armée se dit garante de la révolution, des centaines de manifestants tunisiens bravaient lundi le couvre-feu, devant le palais où siège le Premier ministre.

Des centaines de manifestants tunisiens bravaient lundi soir, pour la deuxième nuit consécutive, le couvre-feu, devant le palais où siège le Premier ministre, exigeant la démission du gouvernement de transition des caciques du régime du président déchu Ben Ali, a constaté l'AFP.

«L'armée garante de la révolution du jasmin»

Ces manifestants sont restés sourds à l'appel du chef d'état-major de l'armée de Terre tunisienne, le général Rachid Ammar, qui leur avait demandé de quitter les lieux dans l'après-midi, en affirmant que l'armée se portait garante de «la révolution du jasmin» dans le respect de la Constitution.

«Vos demandes sont légitimes. Mais j'aimerais que cette place se vide, pour que le gouvernement travaille, ce gouvernement ou un autre», leur avait lancé au mégaphone le général Amar, évitant d'apporter un soutien trop explicite à l'actuel cabinet de transition.

Nuit glaciale

A 20H00 (19H00), heure de l'entrée en vigueur du couvre-feu qui court jusqu'à 05H00 du matin, ils étaient encore des centaines sur l'esplanade de la Kasbah, devant les bureaux du Premier ministre, où ils se préparaient comme la veille à passer la nuit, dans un froid glacial.

Ces manifestants, dont de nombreux jeunes issus de la région rurale et pauvre du Centre-Ouest, bastion de la «révolution du jasmin», avaient déjà passé la nuit de samedi à dimanche sur cette esplanade, sans que l'armée n'intervienne pour les déloger.

(afp)

Evénements des derniers jours:

17 janvier

- : Manifestations pour exiger la dissolution du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Ben Ali.

- Mohammed Ghannouchi annonce un «gouvernement d'union nationale» marqué par l'entrée de trois chefs de l'opposition, mais dans lequel l'équipe sortante conserve les postes clés.

18 janvier

- : Dispersion violente de manifestants parmi lesquels des islamistes hostiles à la présence de ministres de Ben Ali.

- Démission des trois ministres de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), suivie les 19 et 20 par celle d'un chef de l'opposition et d'un ministre de l'ancien régime.

- Démission du RCD du président par intérim et du Premier ministre.

19 janvier

- : Trois partis d'opposition légalisés en trois jours.

- Foued Mebazaa s'engage à «une rupture totale avec le passé».

- Plus de 100 morts en cinq semaines (ONU).

20 janvier

- : 33 membres de la famille de Ben Ali arrêtés ces derniers jours (télévision).

- Le gouvernement adopte un projet de loi d'amnistie générale qui concernera aussi les islamistes d'Ennahdah (renaissance) et annonce que l'Etat prendra possession des biens du RCD.

21 janvier

- : Début de trois jours de deuil national «en mémoire des victimes» du soulèvement.

- Mohammed Ghannouchi s'engage à quitter la politique après la transition qui s'achèvera avec des élections «démocratiques et transparentes». Il s'engage à ne pas toucher au statut de la femme et à «abroger les lois antidémocratiques».

- L'UGTT appelle à un gouvernement «de salut national».

22 janvier

- : Des milliers de Tunisiens, dont des policiers, manifestent à Tunis, mêlant revendications sociales et appels à un nouveau gouvernement.

- Le parti de l'opposant Moncef Marzouki, rentré d'exil le 18, réclame une nouvelle Constitution.

23 janvier

- : La pression de la rue pour «faire tomber le gouvernement» s'accentue devant le palais du Premier ministre à Tunis, où débarque un millier de jeunes venus du Centre-Ouest du pays.

- Trois proches collaborateurs de Ben Ali en résidence surveillée.

24 janvier

- : Des milliers de manifestants exigent la démission du gouvernement, notamment devant le siège du Premier ministre où des heurts limités ont lieu avec la police.

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