1er mai: Des manifestations pour les salaires et l'AVS
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1er maiDes manifestations pour les salaires et l'AVS

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues mercredi dans les rues d'une cinquantaine de localités de Suisse pour célébrer le travail.

Le 1er mai était l'occasion pour les syndicats de s'appuyer sur le succès de l'initiative contre les rémunérations abusives pour soutenir celles en faveur des salaires et des rentes AVS.

En plus de la voie syndicale classique, via les conventions collectives de travail (CCT), les organisations de salariés misent sur la démocratie directe, a tonné Giorgio Tutti, vice-président de l'Union syndicale suisse (USS), lors de son allocution à Schaffhouse. De Zurich à Genève en passant par Wasen (BE) ou Delémont, les locomotives de la gauche et du monde syndical ont fait passer le message.

Après avoir réussi à limiter les revenus les plus hauts en acceptant en mars l'initiative de Thomas Minder, il s'agit désormais de faire progresser les salaires les plus bas. Pour cela, les citoyens auront par deux fois l'occasion de se prononcer. Le Conseil fédéral n'a cependant pas encore fixé la date des scrutins sur les initiatives, «1:12» et «sur les salaires minimums», des jeunes socialistes et des syndicats, face auxquelles il n'oppose aucun contre-projet.

Berset à l'écoute

Dans leurs revendications, les syndicats n'oublient pas les plus âgés, avec leur initiative populaire AVS , dont la récolte de signatures a été lancée il y a peu. Autant de revendications entendues au plus haut niveau, à en croire le conseiller fédéral socialiste Alain Berset, invité de la Fête du Travail à Bienne.

Le ministre de l'intérieur a dit l'importance qu'il accorde à la solidarité et au renforcement de la sécurité sociale. Il ne faut, selon lui, plus opposer l'Etat social et l'économie. «La sécurité sociale est le fondement d'une société productive, un réel avantage compétitif», a affirmé Alain Berset.

Evoquant celle des trois initiatives qui touche son département directement, le conseiller fédéral a défendu la réforme de la prévoyance vieillesse 2020 du gouvernement. Ce nouveau modèle veut consolider financièrement l'AVS et la LPP dans une approche globale, a-t-il souligné.

«Riche comme jamais»

Côté syndical et représentants du Parti socialiste, les propos étaient évidemment plus offensifs. Président du PS, Christian Levrat a donné le ton dès mardi soir dans un message vidéo diffusé sur le site de son parti.

Les Suisses doivent recevoir «de meilleurs salaires» et «de meilleures rentes», a-t-il clamé en soulignant que les socialistes détiennent la clé du problème, entre autres avec les initiatives précitées. Et le président de la Jeunesse socialiste David Roth de lui faire écho dans un discours prononcé dans plusieurs villes, appelant ses concitoyens à faire «des Vasella, Blocher et autres Ospel le passé» et à s'approprier le futur.

La Suisse «est riche comme jamais», a rappelé pour sa part Daniel Lampart. A Weinfelden (TG), l'économiste en chef de l'USS a fait remarquer qu'«à l'origine des 600 milliards de francs générés chaque année, il ne faut sûrement pas voir les pilotes casse-cous à la Marcel Ospel, mais bien les salariés qui se lèvent tous les matins, travaillent dur et doivent néanmoins compter chaque franc.

Quelque 440'000 personnes en Suisse gagnent trop peu pour vivre décemment. Parmi elles, 140'000 ont pourtant fait un apprentissage, a dénoncé pour sa part à Bâle Paul Rechsteiner, le président de l'USS.

Rares débordements

A Zurich, des vendeuses ayant fait un apprentissage gagnent 2800 francs nets par mois et un employé dans l'horlogerie reçoit 2900 francs par mois au Tessin. C'est exactement ce que le patron de Credit Suisse Brady Dougan gagne en cinq minutes, a renchéri la conseillère nationale Marina Carobbio (PS/TI).

Les discours ont succédé au cortège auquel quelque 300 activistes du «black block» d'extrême-gauche se sont mêlés. Nombre d'entre eux portaient des masques laissant penser au patron de l'UBS Sergio Ermotti ou à l'acteur américain Georges Clooney. Ils ont lancé des pétards et arrosé des policiers de ballons remplis d'eau au passage de l'hôtel de police.

Avions en papier

Seuls quelques éclats isolés, en fin d'après-midi, ont été signalés, donnant lieu à quelques interpellations. Les policiers ont reçu l'ordre de tuer dans l'oeuf toute manifestation non autorisée.

Un collectif adepte de la protestation pacifique a lancé environ 13'000 avions en papier depuis un toit de la Langstrasse. L'an passé il avait lancé des milliers de ballons gonflables sur des casseurs surpris. (ats)

Solidarité au coeur du discours du conseiller fédéral Alain Berset

Invité à la Fête du travail à Bienne, le conseiller fédéral Alain Berset a souligné l'importance qu'il accordait à la solidarité et au renforcement de la sécurité sociale. A cette occasion, il a défendu la réforme de la prévoyance vieillesse du gouvernement.

«La sécurité sociale permet aux plus faibles d'une société de vivre dignement et donne à tous la certitude d'avoir un filet de sécurité en cas de besoin», a déclaré mercredi le socialiste. Alain Berset s'exprimait devant quelque 600 à 700 personnes rassemblées sur la Place centrale à Bienne.

Pour le chef du Département de l'intérieur (DFI), il ne faut plus opposer l'Etat social et l'économie. «La sécurité sociale est le fondement d'une société productive, un réel avantage compétitif», selon Alain Berset, chaleureusement applaudi à plusieurs reprises lors de son allocution.

Prévoyance vieillesse 2020

Alors que la thématique du 1er mai porte sur des rentes meilleures, le chef du DFI a défendu le projet du Conseil fédéral de réforme de la prévoyance vieillesse 2020. Ce nouveau modèle veut consolider financièrement l'AVS et la LPP dans une approche globale.

«Nous considérons la prévoyance vieillesse avec le 1er et le 2e pilier comme un tout», a expliqué le conseiller fédéral. Une telle réforme en un seul paquet assure transparence, confiance et sécurité, selon le ministre qui estime que la population souhaite une vision globale de la réforme pour connaître le montant de sa rente et s'assurer de sa pérennité à long terme.

Ce projet, présenté en automne dernier par Alain Berset, prévoit un âge de la retraite de référence identique pour les deux sexes, soit 65 ans. Devant les travailleurs et les syndicalistes, le chef du DFI a expliqué que le relèvement de l'âge de la retraite des femmes serait assorti d'améliorations dans le domaine de la prévoyance professionnelle (LPP).

Paradis fiscaux

«En Suisse chacun contribue au succès du pays», a expliqué aux journalistes le Fribourgeois à l'issue de son allocution qui a été bien accueillie par le public. «Mais l'on ne peut pas nous comparer avec des paradis fiscaux», a-t-il fait remarquer.

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