Malte: des médecins font recours contre l’interdiction de l’avortement

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MalteDes médecins font recours contre l’interdiction de l’avortement

Plus de 130 praticiens maltais réclament en justice la suppression d’un article du Code pénal punissant d’emprisonnement les médecins qui pratiquent des IVG mais aussi les femmes qui y ont recours.

Le 22 juin, des manifestantes pro-choice ont organisé un sit-in devant le Parlement maltais contre l’interdiction d’avorter.

Le 22 juin, des manifestantes pro-choice ont organisé un sit-in devant le Parlement maltais contre l’interdiction d’avorter.

REUTERS

Plus de 130 médecins ont déposé lundi un recours juridique contre l’interdiction de l’avortement sur l’île de Malte. Déposé, entre autres, contre le Premier ministre et le ministre de la Santé, le texte demande la suppression d’un article du Code pénal prévoyant jusqu’à 4 ans de prison et l’interdiction à vie d’exercer pour les médecins pratiquant des interruptions de grossesse. Les femmes qui se font avorter risquent, elles, jusqu’à 3 ans de prison.

Cette disposition du Code pénal «empêche les médecins de fournir des soins immédiats et opportuns, et ce retard met en danger la vie et la santé des femmes enceintes», peut-on lire dans le document. Les médecins à l’origine du recours espèrent maintenant un procès pour plaider leur cause. Selon l’ONG Doctors for Choice, qui milite pour la légalisation de l’avortement, ils représentent environ 5% des médecins de l’île méditerranéenne.

Le cas d’une touriste américaine a déclenché un tollé

Leur démarche intervient environ une semaine après qu’un hôpital maltais a refusé de faire avorter une touriste américaine souffrant de complications liées à sa grossesse. L’incident a suscité des protestations sur l’île et attiré l’attention internationale sur les lois de ce pays majoritairement catholique, le seul de l’Union européenne interdisant complètement les IVG.

En raison de l’interdiction de l’IVG, les médecins ont refusé d’intervenir alors qu’Andrea Prudente, qui était en vacances à Malte avec son mari (ci-dessus), avait perdu les eaux à son 4e mois de grossesse et risquait une septicémie.

En raison de l’interdiction de l’IVG, les médecins ont refusé d’intervenir alors qu’Andrea Prudente, qui était en vacances à Malte avec son mari (ci-dessus), avait perdu les eaux à son 4e mois de grossesse et risquait une septicémie.

AFP PHOTO/JAY WEELDREYER/HANDOUT

Andrea Prudente, 38 ans, était en vacances à Malte lorsqu’elle a perdu les eaux après un fort saignement durant sa 16e semaine de grossesse. Le bébé n’avait aucune chance de survivre, mais les médecins ont refusé d’intervenir. Son mari, Jay Weeldreyer, a déclaré que les médecins attendaient qu’elle fasse une fausse couche naturelle, que les battements de cœur du bébé s’arrêtent ou «qu’elle ait une infection potentiellement mortelle» qui les inciterait à agir. Préoccupé par le risque de septicémie, le couple a finalement été transporté par avion en Espagne, où la femme a reçu un traitement, selon son époux.

(AFP)

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