Yverdon-les-Bains (VD): Des médocs homéopathiques auraient été fatals à un cheval

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Yverdon-les-Bains (VD)Des médocs homéopathiques auraient été fatals à un cheval

Un vétérinaire a été condamné pour mauvais traitements volontaires infligés à un équidé. Vendredi, il a contesté la décision devant un tribunal.

par
Marc Fragnière
Image d’illustration de chevaux dans un champ.

Image d’illustration de chevaux dans un champ.

skutravels via Getty Images

«Le Ministère public retient une violation intentionnelle de la loi sur la protection des animaux. C’est le comble de l’infamie professionnelle pour un vétérinaire, dont le but est de rechercher avant tout le bien-être de l’animal et de limiter ses souffrances!» s’est indigné Me Nathanaël Petermann, vendredi devant le Tribunal de police d’Yverdon. Son client, dénoncé par le vétérinaire cantonal, conteste sa condamnation par ordonnance pénale à 50 jours-amende à 40 francs, avec sursis, ainsi que 400 francs d’amende. On lui reproche d’avoir traité par homéopathie, au lieu de médecine traditionnelle, un cheval qui est finalement mort.

Le vétérinaire et son mandataire ont expliqué que ce n’était qu’après avoir essayé une thérapie conventionnelle, «dont les effets n’avaient pas été satisfaisants», que le praticien avait eu recours à l’homéopathie et à la phytothérapie pour soulager les souffrances du cheval. Et ce, avec l’aval de la propriétaire. Mais, de passage dans l’écurie en janvier 2020, une vétérinaire avait alerté cette dernière que l’animal souffrait d’un trouble endocrinien qui, selon elle, nécessitait une prise en charge spécifique et de médecine traditionnelle.

L’animal a dû être euthanasié

L’accusé ne l’avait pas entendu de cette oreille, persuadé que l’équidé souffrait de fourbure et que les symptômes déterminés par sa consœur étaient le fruit de l’état de stress métabolique de l’animal. Malgré l’avis d’un troisième confrère, préconisant lui aussi une prise en charge médicale urgente et traditionnelle en juin, l’accusé n’avait pas changé son fusil d’épaule. Pour finir, l’animal avait dû être euthanasié début octobre. Le prévenu a défendu son entêtement ainsi: «Les analyses urinaires que j’ai effectuées ensuite ont contredit ce dernier diagnostic.» 

Son avocat a aussi déploré que l’ordonnance pénale se fondait presque exclusivement sur les éléments apportés par la vétérinaire accusatrice, laquelle n’a pas le statut d’experte, avant d’insister sur le caractère obligatoirement intentionnel de l’infraction reprochée à son client. Une condition non remplie à ses yeux et qui devrait, dès lors, déboucher sur un acquittement. Le jugement sera rendu ultérieurement.

Thérapies alternatives? Oui, mais à doses homéopathiques!

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