Vague de chaleur: Des mesures anti-canicule prises dans le dos du chômage
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Vague de chaleurDes mesures anti-canicule prises dans le dos du chômage

Au moins deux entreprises vaudoises rémunérées par le Service de l'emploi ont pratiqué des réductions du temps de travail à cause des fortes chaleurs de ces dernières semaines, mais sans en avertir le canton.

par
Thomas Piffaretti

«Nous libérons les élèves une heure plus tôt que prévu, reconnait le directeur d'une société vaudoise de formation professionnelle. De toute façon ils n'arrivent plus à se concentrer». Et cette situation se serait déjà produite au moins quatre fois depuis le début de l'été.

Les deux sociétés contactées par 20minutes online accueillent des jeunes sans emploi sortant de formation ou des chômeurs de longue durée. Elles leur donnent des cours pour les aider à s'insérer dans le monde du travail. Mais étudier sous les chaleurs caniculaires rencontrées ce mois d'août ne serait pas productif, et ces établissements préfèrent laisser partir leurs élèves une heure avant la cloche.

En soi, libérer des élèves parce qu'ils n'arrivent plus à travailler à cause des fortes chaleurs peut paraître anodin. Mais là où le bât blesse, c'est que les cours dispensés par ces entreprises sont payés par le Service de l'emploi du canton. Et ce service n'a pas été prévenu des dispositions extraordinaires prises par les entreprises.

Fraude à l'assurance chômage?

«J'hésite à dire qu'il y a eu abus, on ne peut pas être catégorique, tempère Roger Piccand en apprenant l'information. Il faut replacer ces mesures dans leur contexte et prendre les circonstances en considération». En clair, s'il condamne le fait que les entreprises n'aient pas pris contact avec le canton, le chef du Service de l'emploi vaudois veut bien tenir compte de l'argument pédagogique en ces temps de fortes chaleurs.

Reste qu'il ne faudrait pas que ces mesures se généralisent. «Nous passons un contrat avec ces organismes, explique-t-il. Et si la réduction du nombre de cours venait à devenir une habitude, il pourrait y avoir violation de ce contrat». Le canton achète un certain nombre d'heures de cours à ces sociétés, qui sont plus de 200 sur le territoire vaudois, et il compte bien qu'elles soient dispensées. Car un stage peut coûter jusqu'à cent francs par jour et par élève.

«Nous procédons à un certain nombre de contrôles», ajoute enfin Roger Piccand. Mais aucun ne semble avoir fait mouche dans ce cas précis. Le canton aurait surtout préféré que les entreprises prennent contact avec lui, et que des solutions à la canicule soient trouvées de manière à satisfaire toutes les parties.

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