Forum de l'APEC: Des mesures concrètes de libre-échange
Actualisé

Forum de l'APECDes mesures concrètes de libre-échange

Les dirigeants du Forum économique Asie-Pacifique (Apec) se sont mis d'accord dimanche pour prendre des mesures concrètes pour une zone de libre-échange.

Le Forum économique Asie-Pacifique (Apec) se tient au Japon.

Le Forum économique Asie-Pacifique (Apec) se tient au Japon.

Les pays de l'Asie-Pacifique, dont les Etats-Unis et la Chine, ont promis dimanche des mesures concrètes pour réaliser leur rêve de libre-échange dans cette vaste région représentant la moitié du PIB mondial. La veille, Chine et Japon avaient montré des signes de détente après leurs tensions récentes.

A l'issue de deux jours de sommet à Yokohama (région de Tokyo), les chefs d'Etat et de gouvernement des 21 économies du Forum économique Asie-Pacifique (APEC) se sont engagés à résister aux sirènes du protectionnisme, séduisantes en ces périodes d'incertitude après la crise de 2008-09.

«Nous demandons à l'APEC de prendre des mesures concrètes vers la réalisation de la zone de libre-échange Asie-Pacifique», ont-ils déclaré dans leur communiqué.

Ce projet vise à créer un immense espace libre de barrières tarifaires de l'Asie orientale aux rives américaines de l'Océan Pacifique.

Réunion attendue

Pour approcher leur idéal, les dirigeants comptent «s'appuyer sur les projets régionaux en cours, comme l'ASEAN&3, l'ASEAN&6 et le partenariat transpacifique (TPP)».

L'ASEAN&3 regroupe les dix pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), plus la Chine, le Japon et la Corée du Sud. L'ASEAN&6 rassemble les mêmes, plus l'Inde, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Le TPP est une petite zone de libre-échange limitée à Brunei, au Chili, à la Nouvelle-Zélande et à Singapour, mais que les Etats-Unis veulent intégrer, tout comme l'Australie, la Malaisie, le Pérou et le Vietnam.

Après l'APEC, un premier «sommet» des membres et aspirants au TPP s'est réuni et les neuf Etats participants se sont donné pour objectif une «entrée en fonctionnement (du traité) avant la prochaine réunion de l'APEC en novembre 2011», selon le président chilien Sebastian Pinera.

Souhait de bon voisinage

«La Chine reste déterminée à poursuivre une politique régionale fondée sur des relations de bon voisinage et d'amitié», a dit de son côté dimanche le président chinois Hu Jintao devant les participants de l'APEC.

Membre de l'ASEAN&3, le Japon a décidé de discuter aussi avec le groupe TPP.

Le texte commun promeut également pour la première fois une «stratégie de croissance», où les pays de l'Asie-Pacifique mettent en avant la nécessité d'assurer «une reprise durable de la demande dans le secteur privé» et de fonder les assises «d'une croissance plus équilibrée» à l'avenir, dans l'esprit des conclusions du G20 de Séoul.

L'APEC, objet de rivalités sino-américaines, s'est dit encore en faveur de «taux de change davantage déterminés par le marché, reflétant les fondamentaux économiques» et a promis «d'éviter toute dévaluation compétitive» des devises, à l'heure où une possible «guerre des monnaies» provoque l'inquiétude.

Critique d'Obama

Samedi, le président américain Barack Obama avait lui souligné que des pays tels que la Chine tablent trop sur leurs exportations pour soutenir leur croissance économique.

M. Hu a lui assuré que Pékin était engagée sur la voie d'une réforme de ses taux de changes mais que cette évolution se ferait graduellement.

Le sommet de l'APEC a aussi été l'occasion pour le Premier ministre japonais Naoto Kan de renouer le dialogue avec ses voisins russes et chinois, après plusieurs semaines de tension due à des litiges territoriaux.

MM. Kan et Hu ont tous deux réaffirmé leur souveraineté sur un groupe d'îles de la mer de Chine orientale, administrées par Tokyo, mais revendiquées par Pékin.

«Un grand pas» entre Pékin et Tokyo

Pékin a tenu à réassurer Tokyo sur son approvisionnement en terres rares, minéraux essentiels aux nouvelles technologies et dont la production mondiale est assurée à 97% par la Chine.

«Nous avons fait un grand pas vers une amélioration des relations entre le Japon et la Chine», a dit le secrétaire général adjoint du gouvernement nippon, Tetsuro Fukuyama, à l'issue de cet entretien d'une vingtaine de minutes.

M. Kan a lui ensuite protesté auprès du président russe Dmitri Medvedev contre la visite qu'il a effectuée début novembre sur l'une des quatre îles des Kouriles occupées par Moscou depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. (ats/afp)

Ton opinion