Suisse: Des militants anti-viandes passent à l'offensive
Actualisé

SuisseDes militants anti-viandes passent à l'offensive

Camions sprayés, vitrines endommagées, transports perturbés: en Suisse, certains défenseurs de la cause animale font monter la pression.

par
smk/nxp
Des militants de la cause animale taguent souvent les bétaillères.

Des militants de la cause animale taguent souvent les bétaillères.

Plusieurs bétaillères ont connu la même mésaventure ces derniers mois. Une voiture ralentit brutalement devant eux. Ce véhicule agit à dessein, comme le prouvent les inscriptions ou autocollants en faveur de la cause animale dont il est couvert. Il entend ainsi ralentir et perturber le transport du bétail.

La dernière attaque date du mois de juin. Le syndicat suisse des marchands de bétail (SSMB) a déposé plainte contre inconnu, confirme ce jeudi son directeur Peter Bosshard à «20 Minuten». Jusqu'à présent, les auteurs n'ont pas encore pu être retrouvés.

Le harcèlement varie

«Les transporteurs en sont informés mais de telles manoeuvres peuvent avoir des conséquences dramatiques aussi bien pour les hommes que pour les animaux», précise Peter Bosshard, attribuant à la chance le fait qu'il n'y ait pas encore eu d'accidents.

Ce n'est pas la première fois que le syndicat tire la sonnette d'alarme. En octobre 2015, Peter Bosshard avait confié à la télévision alémanique SRF qu'il comptait jusqu'à quatre attaques par semaine (lire encadré).

De manière générale, les militants ne reculent devant rien et n'hésitent pas à taguer des inscriptions comme «meurtrier d'animal» ou «transport de mort de bêtes» sur les véhicules visés. Une entreprise a même découvert que les phares de ses camionnettes de transport de bétail avaient été brisés, rapporte Peter Bosshard. Un intermédiaire de la branche, lui, explique que son bâtiment avait été barbouillé de peinture.

Les défenseurs les plus extrêmes de la cause animale sont également actifs sur les réseaux sociaux, où ils traitent les consommateurs de viande de «cannibales». Certains vont même jusqu'à s'en prendre à la consommation de lait, d'oeufs et de miel, coupable à leur yeux de la mort de mammifères, d'oiseaux et d'abeilles.

Des véganes déplorent

La tendance n'a pas échappé à Renato Pichler, fondateur et président de l'association Swissveg. «Peu importe leur nom mais nous remarquons que ces militants prônant une alimentation plus saine et sans viande sont plus radicaux que précédemment.» Ils se sentent renforcés par le nombre croissant de personnes véganes et de consommateurs qui optent pour les produits sans gluten.

Si ces militants sont très agressifs sur les réseaux sociaux, les plus virulents d'entre eux s'en prennent aux vitrines des entreprises qui leur déplaisent. «Parmi ces radicaux se trouvent également des extrémistes de gauche. Les frontières sont souvent mouvantes», explique le président de Swissveg qui regrette ces débordements et ces excès: «Cela fait plus de mal qu'autre chose. Le branche agro-alimentaire ne va pas renoncer de si tôt à la viande et au sucre.»

Angela Stähli, végane et blogueuse, se distancie également de ces actions militantes. «J'en appelle à la tolérance pour toutes les alimentations.» Il ne lui viendrait jamais à l'idée de stigmatiser les consommateurs amateurs de viande ou de vouloir convertir quelqu'un au véganisme.

Une problèmatique plutôt alémanique

Contacté fin 2015 par «20 minutes», le patron du syndicat suisse des marchands de bétail (SSMB) avait affirmé qu'aucune attaque similaire n'avait encore été recensée en Suisse romande. En revanche, il avait expliqué que c'était tout particulièrement le canton d'Argovie qui était visé. Près de la moitié des actes de sabotage et de vandalisme sont perpétrés dans ce canton, avait ainsi confirmé Peter Bosshard. A la question de savoir pourquoi ce canton alémanique était davantage concerné qu'un autre, il avait rappellé qu'un grand axe routier traverse le canton et que celui-ci abrite le siège de l'entreprise Vianco, un important marchand de bétail.

Ton opinion