Actualisé 06.08.2014 à 12:38

Temps de travailDes milliardaires veulent vous faire moins travailler

Le deuxième homme le plus riche au monde, Carlo Slim, et le confondateur de Google, Larry Page, militent pour une réduction générale du temps de travail. Une proposition loin d'être innocente?

par
jmh
Pour Carlos Slim (à g.) et Larry Page, un autre mode de gestion du travail doit prévaloir. (photo: AFP)

Pour Carlos Slim (à g.) et Larry Page, un autre mode de gestion du travail doit prévaloir. (photo: AFP)

Trois jours de travail et quatre jours de repos. Un rêve pour certains qui pourrait devenir réalité, à en croire les récentes prises de position de Carlos Slim, le richissime homme d'affaires mexicain. Classé à la deuxième place du classement des hommes les plus riches de la planète par le magazine Forbes avec une fortune personnelle de quelque 60 milliards d'euros, l'homme n'est pourtant pas connu pour son soutien au parti communiste. Mais le magnat mexicain des télécoms anticipe «un changement radical» lié au recul programmé du départ à la retraite dans le monde occidental.

«Avec trois jours de travail par semaine, nous aurions plus de temps pour nous détendre, pour la qualité de vie. Avoir quatre jours de repos serait très important pour générer de nouvelles activités de divertissement et d'autres manières de s'occuper», assure-t-il. Une vision qui sous-entend une consommation plus forte des contenus produits par l'homme d'affaires, à la tête d'un conglomérat d'une quinzaine d'entreprises regroupant des activités très diverses (mines, hôtellerie, télécommunications, etc.). Séduisante sur le papier, l'idée des trois jours hebdomadaires travaillés serait toujours agrémentée de particularités.

Nouvelle vision du travail

Car la vision de Carlos Slim prévoit non seulement une durée de travail effectif de onze heures quotidiennes, mais aussi un allongement de la durée du travail, l'homme d'affaires souhaitant voir ses collaborateurs travailler jusque 70, voire 75 ans. Un allongement de la durée du travail en lien avec la hausse de durée de vie moyenne qui permettrait d'avoir recours aux salariés les plus expérimentés plus longtemps? Même si Larry Page, PDG de Google, milite également pour une baisse du temps de travail hebdomadaire, ses motivations divergent de celles de Carlos Slim. Pour l'Américain, l'allongement de l'espérance de vie ne doit pas être synonyme d'une course en avant pour produire plus.

«Si vous réfléchissez vraiment à ce dont vous avez besoin pour être heureux - votre foyer, votre sécurité, saisir les bonnes opportunités pour vos enfants -, il est moins difficile aujourd'hui de se procurer ces choses. La quantité de ressources, de travail, pour obtenir tout cela est vraiment réduite. Donc l'idée qu'il faille travailler frénétiquement pour satisfaire ces besoins n'est tout simplement pas vraie», a-t-il affirmé au début du mois de juillet. Une vision du travail qui intègre également le fait que grâce aux progrès des logiciels, des réseaux, des robots et de l'intelligence artificielle, de plus en plus d'emplois seront remplacés par des machines.

Dès 2004, Google a ainsi mis en place un système de gestion qui permet aux ingénieurs de consacrer 20% de leur temps à des projets personnels. Idéal pour conserver dans l'entreprise les meilleurs d'entre eux et d'inciter leur créativité. Sauf que, dans la réalité, le géant américain ne paie pas ses ingénieurs pour leurs hobbies, ces derniers pouvant effectuer leurs recherches lors? d'heures supplémentaires. Une inflexion prise en 2011, lors du retour aux affaires de? Larry Page. Les différentes déclarations des dirigeants montrent donc les difficultés de la mise en place de nouveaux systèmes de travail, qui prendraient en compte non seulement l'évolution de l'espérance de vie, mais aussi une nouvelle approche du travail. À l'heure actuelle, la proposition de retarder le temps de travail a la cote. Seul bémol, dans l'Union européenne, seuls 50,1% des plus de 55 ans possédaient encore un travail en 2013, selon Eurostat.

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