Actualisé 12.10.2014 à 19:44

Proche-OrientDes milliards promis pour reconstruire Gaza

La communauté internationale a promis dimanche au Caire environ 5,4 milliards de dollars pour reconstruire Gaza. Au diapason des Etats-Unis, elle exige en contrepartie la reprise sérieuse des négociations israélo-palestiniennes.

Lors de cette conférence internationale des pays donateurs, le Qatar a promis de très loin la plus grosse contribution pour aider la bande de Gaza, ravagée par 50 jours de guerre cet été, avec 1 milliard de dollars. Washington a pour sa part annoncé un montant immédiat de 212 millions sur un total de 400 millions de dollars en un an, et l'Union européenne (UE) une somme globale de 450 millions d'euros (565 millions de dollars) pour 2015.

«Les participants ont promis approximativement 5,4 milliards de dollars (5,2 milliards de francs)» au total, a déclaré le ministre norvégien des Affaires étrangères, dont le pays était le co-organisateur de la conférence avec l'Egypte.

Présent au Caire, le délégué à l'Aide humanitaire Manuel Bessler a confirmé dimanche l'engagement de la Suisse en faveur de Gaza à raison de 30 millions de francs par an en moyenne pour la période 2014-2017, soit quelque 120 millions de francs au total, selon un communiqué du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE).

En 2014, la Suisse a également alloué plus de 4 millions de francs supplémentaires en réponse aux besoins humanitaires créés par le conflit à Gaza, précisent les services de Didier Burkhalter.

John Kerry très ferme

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est quant à lui montré très ferme: la communauté internationale est prête à financer mais plus question de se contenter de cessez-le-feu. Il faut reprendre les négociations de paix qu'il avait impulsées en 2013 avant qu'elles n'échouent en avril, a-t-il insisté.

Le même ton a été adopté par l'ONU et les pays de l'UE, préoccupées par d'autres guerres dans la région, notamment contre les jihadistes de l'Etat islamique. Ils sont aussi lassés, comme le reste du monde, par près de sept décennies d'un conflit israélo-palestinien dont le dernier épisode sanglant, en juillet et août, a tué près de 2200 Gazaouis et 73 Israéliens.

L'Autorité palestinienne réclame elle 4 milliards de dollars d'aide à la communauté internationale pour reconstruire l'enclave qui a connu trois guerres en six ans. Tout en promettant une «aide immédiate» américaine, M. Kerry a tapé le premier du poing sur la table. «Un cessez-le-feu, ce n'est pas la paix. Nous devons nous rasseoir à la table (des négociations) et aider les parties à faire des choix difficiles, de vrais choix», a-t-il lancé fermement.

«Ces choix dépassent un simple cessez-le-feu parce que même le cessez-le-feu le plus durable ne peut remplacer la paix, même le cessez-le-feu le plus durable ne peut remplacer la sécurité pour Israël et un Etat et leur dignité pour les Palestiniens», a ajouté M. Kerry dans un vibrant appel lancé devant une trentaine d'autres chefs de la diplomatie et représentants d'une cinquantaine de pays et organisations internationales.

Ban Ki-moon à Gaza mardi

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, lui aussi d'un ton ferme, lui a emboîté le pas. «Gaza reste une poudrière» et ses habitants «ont désespérément besoin de voir des résultats dans leur vie quotidienne», a-t-il lancé. «Vous devez comprendre le niveau de frustration (...) Comme secrétaire général, je suis très en colère» de la situation, a-t-il ajouté.

M. Ban a annoncé qu'il se rendrait mardi à Gaza pour, a-t-il dit, «écouter directement» les habitants de l'enclave. Sa visite dans le territoire sera précédée la veille par des entretiens avec le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah en Cisjordanie lundi et des entretiens avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin à Jérusalem, ont indiqué les services officiels palestiniens et israéliens.

Mais la perspective d'une relance des négociations a été fraîchement accueillie par le ministre des Affaires étrangères d'Israël, qui n'avait pas été invité au Caire. La communauté internationale attend d'Israël un assouplissement du blocus imposé depuis huit ans sur la bande de Gaza. (ats)

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