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SyrieDes milliers de détenus torturés, selon l'ONU

Le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Zeid Ra'ad Al Hussein a exhorté jeudi les autorités syriennes à libérer tous les détenus.

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29.06 La ville irakienne de Fallouja a été libérée de l'emprise de l'Etat islamique, mais elle a beaucoup souffert.

29.06 La ville irakienne de Fallouja a été libérée de l'emprise de l'Etat islamique, mais elle a beaucoup souffert.

Osamah Waheeb
31.05 Des jihadistes de l'Etat Islamique proposent des femmes sur le réseau social, pour les forcer à ce qu'ils appellent le «jihad sexuel».

31.05 Des jihadistes de l'Etat Islamique proposent des femmes sur le réseau social, pour les forcer à ce qu'ils appellent le «jihad sexuel».

Keystone/AP
24.05 L'ONU estime qu'il y a environ 50'000 personnes encore à Fallouja et qu'il est «important que les habitants puissent disposer de couloirs sûrs» pour fuir la ville.

24.05 L'ONU estime qu'il y a environ 50'000 personnes encore à Fallouja et qu'il est «important que les habitants puissent disposer de couloirs sûrs» pour fuir la ville.

Thaier Al-sudani

Leur emprisonnement est d'autant plus inquiétant que des rapports font état de tortures et de terribles conditions de détention.

«J'appelle le Gouvernement syrien à relâcher immédiatement toutes les personnes emprisonnées pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions et à garantir que les détenus bénéficient d'un respect plein et entier de leurs droits», a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein dans un communiqué publié à Genève.

«Les estimations du nombre de personnes détenues à un moment donné ou à un autre en Syrie dans des lieux de détention du gouvernement ou du renseignement, depuis les premières manifestations à Deraa en mars 2011, vont de dizaines de milliers de personnes à des centaines de milliers», a affirmé le haut-commissaire.

Situation sinistre

«De récents entretiens avec d'anciens détenus dépeignent une situation sinistre dans la branche de la sécurité politique, où les détenus seraient gardés dans des cellules ne mesurant pas plus de 6 mètres sur 7 et pouvant abriter jusqu'à 55 détenus, en l'absence de nourriture ou de soins médicaux appropriés», a précisé le haut-commissaire. Ces anciens détenus ont décrit l'utilisation de salles et d'équipements de torture ainsi que l'extrême cruauté de leurs interrogateurs.

De nombreux rapports de l'ONU mettent en lumière un schéma général de torture et de mauvais traitements dans les lieux de détention placés sous l'égide des services de renseignement, dans les prisons et dans les hôpitaux militaires. La torture est très fréquente lors des premiers jours ou des premières semaines de détention.

Elle est utilisée pour obtenir des informations, intimider les détenus ou les forcer à signer de fausses confessions. Des récits font état de morts en détention du fait de la torture et de conditions de vie atroces.

Dans de nombreux cas, les personnes sont détenues au secret pendant des semaines, voire des mois, en particulier par les branches de la sécurité politique, de la sécurité d'Etat, de la sécurité militaire et du renseignement de l'armée de l'air.

Cas emblématique

Les militants, les avocats, le personnel médical et les défenseurs des droits de l'homme ont été particulièrement visés depuis le début du conflit. Trois membres du «Syria Centre for Media and Freedom of Expression», Mazen Darwish, Hani Al-Zaitani et Hussein Ghrer, accusés de terrorisme et maintenus en détention depuis trois ans, constituent à cet égard un cas emblématique, selon le haut-commissaire.

Le mois dernier, leur procès a été reporté pour la sixième fois, sans qu'une nouvelle date d'audience n'ait été fixée. Début février, Mazen Darwish a été transféré à la prison centrale d'Hama et Hani Al-Zaitani à celle d'Al-Sweida. L'emplacement de ces prisons rend très difficile toute visite de leurs proches. (ats)

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