Actualisé 18.12.2013 à 16:56

Centrafrique

Des milliers de Séléka ont été désarmés

Plus de 7000 membres de l'ex-rébellion centrafricaine Séléka (au pouvoir) ont été désarmés à Bangui et sont désormais consignés dans leurs casernes.

«Il y a de moins en moins de Séléka dehors, le gros des troupes est en cantonnement. En ce moment, un peu plus de 7000 hommes ont été désarmés et sont déjà cantonnés» dans les différentes casernes de la capitale, a affirmé ce responsable militaire au sein de la Misca, qui s'exprimait sous couvert d'anonymat. «On tend à revenir vers une situation normale» à Bangui, où les violences inter-religieuses ont fait plus de 600 morts depuis le 5 décembre, a-t-il observé.

«De temps en temps il y a encore des coups de feu dans certains quartiers, mais ça se calme par rapport aux pillages et aux exactions du début du mois. Nous restons vigilants parce que ça peut toujours redémarrer», a souligné la même source. La Centrafrique est plongée dans le chaos depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par la Séléka, une coalition hétéroclite de groupes armés musulmans venus du nord du pays. Après des mois d'exactions en tous genres des Séléka sur les populations chrétiennes, les violences inter-religieuses se sont déchaînées le 5 décembre et les jours suivants, à la faveur d'une attaque de milices chrétiennes sur Bangui, et des représailles sanglantes de la Séléka qui ont suivi.

Opération de désarmement

Ces événements ont précipité l'intervention militaire de la France, avec 1600 soldats qui tentent depuis lors de désarmer les belligérants et opèrent en soutien à la Misca. Les opérations de désarmement par les soldats français et la Misca avaient débuté le 9 décembre à Bangui, visant en priorité les combattants ex-Séléka, de facto les seuls à déambuler en armes dans les rues de la ville.

Mardi, l'armée française a mené une nouvelle opération de désarmement, qui s'est déroulée cette fois dans un quartier nord de la capitale, bastion des milices d'auto-défense chrétiennes «anti-balaka» (anti-machettes).

Les opérations de cantonnement de l'ex-Séléka promises par le président Michel Djotodia (chef de l'ex-Séléka) avaient officiellement démarré en mai, deux mois après son arrivée au pouvoir, mais restaient très marginales jusqu'à l'intervention des soldats français il y a dix jours.

A Bouar et à Bossangoa, épicentre des violences entre chrétiens et musulmans dans le nord-ouest du pays, «le calme est revenu, mais il y a toujours des accrochages entre Séléka et (milices) anti-balaka dans les villages alentours», a ajouté le responsable de la Misca. Selon ce haut-gradé, la Misca compte désormais près de 3700 hommes en Centrafrique, dont les trois quarts sont déployés à Bangui aux côtés de l'armée française. La Misca - Mission internationale de soutien à la République centrafricaine - devrait compter à terme jusqu'à 6000 hommes. Elle comprend des contingents camerounais, congolais (Brazza), gabonais, tchadien, de République démocratique du Congo (RDC), de Guinée équatoriale, et depuis peu du Burundi.

La France toujours à la recherche de renforts en Centrafrique

La Belgique et la Pologne sont sur les rangs pour apporter des renforts aux forces françaises et africaines déployées en Centrafrique. L'annonce a été faite mercredi par la porte-parole du gouvernement français Najat Vallaud-Belkacem. La France va tenter, jeudi et vendredi au sommet européen à Bruxelles, de convaincre ses partenaires de créer un fonds européen permanent pour financer les interventions d'urgence dans les pays en crise comme la Centrafrique. «Le président de la République abordera cette question avec Mme Angela Merkel», a ajouté la porte-parole. La chancelière allemande devait être mercredi soir à Paris. «D'ores et déjà, il y a un appui très important de l'Union européenne sur le plan humanitaire», a souligné Mme Vallaud-Belkacem.

Les pays «réfléchissent»

Paris multiplie les déclarations, parfois confuses, sur une participation européenne à l'intervention en Centrafrique. Plusieurs pays «réfléchissent» à envoyer des militaires, d'après le ministre français aux Affaires européennes Thierry Repentin. Mais l'apport britannique et allemand ne sera que logistique, contrairement à ce qu'il a pu laisser entendre. L'envoi de soldats européens en Centrafrique «est fort probable», a martelé M. Repentin, assurant que des décisions seront prises lors du sommet. La France n'est pas le seul pays d'Europe à disposer en Afrique de troupes aguerries capables d'action militaire. La Grande-Bretagne, la Pologne, les Pays-Bas ou l'Italie en ont également. Une dizaine de pays ont apporté un soutien logistique. Quant au fonds européen demandé par Paris, les alliés y sont réticents, «mais cela ne veut pas dire qu'ils y sont définitivement fermés», selon le ministre.

Toute l'Europe concernée

«Ce qui se passe en Afrique concerne l'Europe», ne cessent de clamer les responsables français. Le terrorisme, les trafics de drogue ou la sécurité maritime seraient des sujets pour les Européens. Ce discours n'est toutefois guère repris dans d'autres capitales européennes. Depuis le déclenchement de l'opération Sangaris le 5 décembre, la France déplore deux morts et le risque encouru sur le terrain pourrait aussi expliquer la frilosité politique de ses alliés européens à venir la seconder. La République centrafricaine est plongée dans le chaos depuis le renversement, en mars, du président François Bozizé par une coalition rebelle à dominante musulmane, la Séléka. Les violences ont pris un tour confessionnel entre chrétiens (80% des 4,5 millions d'habitants) et musulmans.

Vers une normalisation

Plus de 7000 membres de l'ex-rébellion Séléka (au pouvoir) ont été désarmés à Bangui et sont désormais cantonnés dans leurs casernes, a indiqué mercredi un haut responsable de la Mission internationale de soutien à la République centrafricaine. «Il y a de moins en moins de Séléka dehors», selon ce militaire. «De temps en temps il y a encore des coups de feu dans certains quartiers, mais ça se calme par rapport aux pillages et aux exactions du début du mois. Nous restons vigilants parce que ça peut toujours redémarrer», a-t-il souligné. Dans la capitale, les violences interreligieuses ont fait plus de 600 morts depuis le 5 décembre.

(ats)

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