Actualisé 22.01.2014 à 15:28

ZurichDes minidrones pour photographier les accidents

La police municipale de Zurich va bientôt s'offrir deux multicopters munis de caméras. Le chef des forces de l'ordre, l'alternatif Richard Wolff, vient d'autoriser leur acquisition.

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Les petits gadgets volants de la police zurichoise pèsent 2,5 kilos.

Les petits gadgets volants de la police zurichoise pèsent 2,5 kilos.

La police municipale de Zurich saute définitivement le pas. Après avoir envisagé l'acquisition de minidrones l'été dernier, les forces de l'ordre ont décidé de s'offrir deux gadgets volants munis d'une caméra HD, écrit mercredi le «Tages-Anzeiger». Une information confirmée par le porte-parole de la police municipale, Marco Cortesi.

Ces multicopters seront utilisés pour prendre des images aériennes des accidents de la route et des incendies. «Notre but est de photographier et de nous faire une idée précise de l'étendue des dégâts», explique Marco Cortesi. Les prises aériennes doivent servir à mieux analyser et reconstituer les accidents. Dans de rares cas, les gadgets pourraient également servir lors de prises d'otages. Le porte-parole assure néanmoins qu'ils ne seront pas utilisés lors de manifestations ou de grands évènements. Les drones fourniront uniquement des images, et non des vidéos ou des enregistrements diffusés en direct.

«L'utilisation des multicopters est limitée et clairement définie», confirme Reto Casanova, porte-parole du Département de police de Zurich, qui ajoute que l'acquisition des drones a été autorisée par son chef, Richard Wolff. L'alternatif aurait par ailleurs été impliqué dans la mise en place du règlement d'utilisation. Le service de la géomatique et du registre foncier (GeoZ) pourra emprunter les objets volants pour effectuer des mesures. La police et le GeoZ se partageront les frais de 50'000 francs. Une petite formation sera proposée aux personnes susceptibles de se servir des multicopters.

Avis divergents

Cette nouvelle acquisition suscite d'ores et déjà de vives critiques. Les Jeunes socialistes s'y opposent fermement. Selon eux, leur utilisation va à l'encontre du droit fondamental de protection de la vie privée. La décision de Richard Wolff est également critiquée par des membres de son propre parti. «Une fois achetés, les drones pourraient être utilisés pour autre chose», craint le conseiller communal Walter Angst. Alan David Sangines, conseiller communal socialiste et membre de la commission de police, ne voit, lui, aucun problème quant à l'utilisation des drones, d'autant plus que le préposé cantonal à la protection des données a donné son aval.

Les polices cantonales de Saint-Gall et de Zurich envisagent elles aussi l'acquisition de multicopters. A Genève, le Service d'incendie et de secours effectue actuellement une série de tests pour évaluer la plus-value que ces gadgets pourraient apporter. Une étude sera réalisée dans un deuxième temps avant de prendre une décision définitive à ce sujet.

Contactée, la police cantonale genevoise affirme que l'utilisation de drones n'est pas à l'ordre du jour.

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