Grandson (VD): Des mois sans électricité dans une maison insalubre
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Grandson (VD)Des mois sans électricité dans une maison insalubre

Des locataires souffrent des conditions dans lesquelles leur propriétaire les laisse vivre, malgré des mises en garde de la commune.

par
Frédéric Nejad Toulami
Infiltrations, fils électriques apparents: les griefs s'accumulent.

Infiltrations, fils électriques apparents: les griefs s'accumulent.

Moisissures, fissures, fils électriques apparents, toit sans tuiles, infiltrations d'eau. Les locataires des bâtiments 26-28-30 de la rue Basse n'en peuvent plus des problèmes qu'ils subissent depuis des mois à cause de leur propriétaire-gérant. Avocat d'Yverdon inscrit au barreau vaudois, celui-ci est connu comme le loup blanc auprès de la Municipalité de Grandson, ainsi que de l'Asloca (association de défenses des locataires) et d'entreprises de la région du Nord vaudois.

«Ça fait deux mois que je m'éclaire à la bougie et que je mange des sandwiches ou hors de chez moi, témoigne une locataire. Depuis que de l'eau de pluie s'est infiltrée partout, utiliser l'électricité, quand ça fonctionne, provoque parfois des étincelles.» Ses voisins ont été privés de chauffage cet hiver. Et des tas de déchets s'accumulent sur leur balcon et dans une cour intérieure. L'avocat ne répond que peu souvent à leurs sollicitations, ou ne tient pas ses promesses. Et comme il est en conflit avec la société mandatée pour la charpente et le toit, le chantier n'avance plus depuis des mois.

L'homme de loi actif dans l'immobilier admet des dégâts d'eau, selon lui imputables à la société de rénovation: «Des experts d'assurances sont venus. Pour le reste, je conteste ne pas avoir rempli mes obligations de bailleur.»

Du côté de l'Asloca, on dénonce «la méconnaissance crasse du droit du bail» de l'individu, qui doit se rendre à une commission de conciliation chez le préfet cette semaine.

«Nous sommes intervenus pour la sécurité»

Syndic de Grandson, François Payot déplore l'attitude du propriétaire: «Nous lui avons souvent fait part de nos exigences, puis nous lui avons envoyé des mises en demeure, car il n'agissait pas.» Las, il a alerté la commission communale de salubrité qui se serait rendue sur place. «Nous sommes intervenus pour la sécurité et la non-conformité, car il n'y avait pas de mises à l'enquête», précise François Payot. Selon l'assurance incendie ECA, c'est à la commune, en cas de danger, d'ordonner l'évacuation et de retirer le permis d'habiter.

Chantier à l'arrêt et bataille d'assureurs

«Monsieur L. ne paie pas à temps, et il ne fait pas les démarches nécessaires auprès des services concernés.» Société mandatée par l'avocat-proprio, AB Charpente admet que le chantier sur le toit est à l'arrêt depuis des mois, en attendant, notamment, de recevoir les autorisations pour poursuivre la rénovation. Mais les intempéries d'avril et mai ont causé des dégâts, faisant place désormais à une bataille d'assureurs. D'autres travaux y sont menés par un individu soupçonné de travailler au noir.

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