Jeux paralympiques - Des mots forts pour l’équipe la plus courageuse du monde
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Jeux paralympiquesDes mots forts pour l’équipe la plus courageuse du monde

Star au Bayern Munich et ambassadeur de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, Alphonso Davies a adressé une lettre touchante à la première équipe d’athlètes réfugiés pour le début des Jeux paralympiques.

par
Thibaud Oberli
Trois des six membres l’équipe des réfugiés paralympiques, Ibrahim al-Hussain (G), Shahrad Nasajpour (Centre en haut) et Alia Issa (R) posent après une conférence de presse à la veille des Jeux paralympiques de Tokyo

Trois des six membres l’équipe des réfugiés paralympiques, Ibrahim al-Hussain (G), Shahrad Nasajpour (Centre en haut) et Alia Issa (R) posent après une conférence de presse à la veille des Jeux paralympiques de Tokyo

AFP

«J’ai lu vos histoires et j’ai découvert vos parcours à tous. Vous êtes l’équipe sportive la plus courageuse du monde en ce moment». Ces éloges viennent de la plume du footballeur Alphonso Davies. Alors que les Jeux paralympiques s’ouvrent mardi, le latéral du Bayern s’est fait l’auteur d’une tribune pleine d’émotion adressée aux six athlètes qui composent la première équipe paralympique des réfugiés de l’histoire des Jeux.

Lorsque le footballeur évoque la migration, l’exil, c’est son expérience personnelle qui parle. Lui-même est né dans un camp de réfugié au Ghana, après que ces parents ont fui les conflits au Liberia: «Beaucoup ne comprennent pas combien il est difficile d’être un réfugié, d’avoir été forcé de fuir pour sa sécurité. Il est dur d’être seul à des milliers de kilomètres de sa famille quand on en a le plus besoin. C’est encore plus dur quand on a un handicap. Mais bien que votre chemin ait été difficile, vous n’avez jamais abandonné».

12 millions avec un handicap

Pour celui qui est aussi ambassadeur de bonne volonté pour l’Agence mondiale pour les réfugiés (HCR), la présence de ces athlètes à une telle compétition est un symbole fort: «Le monde entier est derrière vous, y compris 82 millions de personnes déracinées, dont 12 millions vivent avec un handicap».

Selon lui, il est difficile de mesurer l’impact de leur participation, tant elle peut représenter pour certaines personnes. À ce titre, le sport devient un important moyen d’action pour les personnes concernées. «L’une des choses que je sais du sport est sa capacité à changer nos vies. Vous êtes tous des modèles qui ont le pouvoir d’inspirer les autres. Ne vous y trompez pas, ce que vous vous apprêtez à faire à Tokyo va changer la vie de certaines personnes. Il y aura des jeunes qui se mettront au sport grâce à vous. Il y aura des réfugiés qui, en vous voyant réussir, prendront conscience qu’ils le peuvent aussi. Et vous savez quoi, ces personnes sont les infirmiers, enseignants et scientifiques de demain. C’est le genre de changement que le sport peut susciter.»

Ne pas se concentrer sur les récompenses

Après ce plaidoyer pour le rôle que peut revêtir le sport, Alphonso Davies continue dans un sens qui aurait ravi Pierre de Coubertin: «Ne vous concentrez pas trop sur les récompenses et allez-y avec le sourire, en sachant que vous avez travaillé dur pour être là. C’est là que vous serez les plus performants».

Avec de tels encouragements, les pionniers qui composent cette première équipe paralympique d’athlètes réfugiés (Ibrahim Al Hussein, Alia Issa, Anas Al Khalifa (Syrie), Parfait Hakizimana (Burundi), Abbas Karimi (Afghanistan) et Shahrad Nasajpour (Iran)) devraient être gonflés à bloc.

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