24.07.2020 à 05:49

Mexique

Des narcos tout-puissants narguent le gouvernement

Le cartel de la nouvelle génération de Jalisco (CJNG) ne recule devant rien pour protéger ses intérêts et profite d’un certain laxisme du président Andrés Manuel López Obrador. La situation inquiète les Etats-Unis.

L’une des attaques du cartel à Mexico.

L'assassinat d'un juge, l'attentat contre un haut-fonctionnaire, une vidéo truffée de menaces. Le plus grand cartel de drogue au Mexique défie ouvertement les autorités.

L'administration américaine exige que soit lancée une offensive contre cette puissante organisation de narcotrafiquants mexicains.

Le président mexicain Andrés Manuel López Obrador continue de se montrer réticent à utiliser la manière forte. Mais ont été gelés en juin près de 2000 comptes bancaires liés au puissant Cartel de la nouvelle génération de Jalisco (CJNG).

En février, le Mexique avait déjà extradé vers les États-Unis le fils de Nemesio Oseguera Cervantes, «El Mencho», le dirigeant du CJNG, dont Washington a mis la tête à prix pour 10 millions de dollars.

«L'offensive du gouvernement contre le cartel, désormais considéré comme le plus menaçant pour les intérêts du pouvoir, s'est durcie. Elle est soutenue par les Etats-Unis», estime le politologue Sergio Aguayo, interrogé par l'AFP.

Critiqué pour son inefficacité à lutter contre les trafiquants, le président Andrés Manuel López Obrador s'est rendu à Washington le 8 juillet en visite officielle.

Lopez Obrador préfère s'en tenir à un discours pacifiste, fait de «câlins et non de balles» comme le disent ses adversaires. En témoigne le fiasco de la capture, en octobre dernier, du fils du prisonnier Joaquín «Chapo» Guzmán, Ovidio.

Selon Aguayo, le Mexique réagit «une fois de plus» à la demande des États-Unis d'attaquer une organisation ennemie, comme cela s'est produit avec les Zetas sanguinaires sous le gouvernement de Felipe Calderón (2006-2012).

«Dialectique de la violence»

Cette offensive a été relayée par les Etats-Unis avec la capture de 600 membres du CJNG en mars. Après l'extradition de Rubén Oseguera González, alias «el Menchito», le numéro 2 du cartel, la police américaine a arrêté sa fille Jessica Oseguera González, alias «la Negra», à Washington.

Selon Aguayo, le cartel suit une «dialectique de la violence» à travers des actions «ostentatoires et bruyantes» qui ont culminé avec la tentative d'assassinat manquée du secrétaire à la sécurité de Mexico, Omar García Harfuch, le 26 juin.

Acteur clé dans la capture de plusieurs trafiquants de drogue, le haut-fonctionnaire a nommément accusé le CJNG. L'embuscade sans précédent tendue par 30 hommes armés dans un quartier luxueux de la capitale n'est cependant pas le seul fait d'armes de ce cartel.

Ses tueurs à gages ont tué le juge Uriel Villegas et sa femme à Colima le 16 juin. Villegas dirigeait l'un des procès pour lesquels le «Menchito» a été extradé.

Le dernier acte de cette pièce sanglante est la publication d'une vidéo dans laquelle quelque 80 hommes en uniforme paradent près de véhicules blindés équipés d'armes de guerre et scandent leur fidélité à «el senor Mencho».

«Terrorisme politique»

Le message de la vidéo au gouvernement fédéral «est on ne peut plus clair : si vous vous en prenez à nous, nous riposterons», décrypte Falko Ernst, un expert de l'International Crisis Group, sur son compte Twitter.

La presse mexicaine a précédemment révélé une liste de dirigeants que la CJNG avait l'intention de cibler. Parmi eux, le ministre des affaires étrangères, Marcelo Ebrard, qui a approuvé l'extradition de «Menchito», et le chef du renseignement financier, Santiago Nieto, architecte du blocus bancaire imposé aux cartels.

Cela n'empêche pas López Obrador de répéter à l'envi que «l'intelligence prime sur la force» et qu'il n'appliquera pas une stratégie qui, selon lui, a conduit le Mexique à la situation de violence actuelle.

Quelque 290’000 meurtres ont été commis au Mexique depuis 2006, date à laquelle le gouvernement Calderón a lancé une offensive militaire contre la drogue.

Les meurtres ont atteint des sommets historiques pendant son mandat, notamment depuis la pandémie de Covid-19.

«Nous allons assister à une période d'intensification de la violence et des attaques (...) Ce groupe est prêt à prendre des mesures plus proches du terrorisme politique que de la violence criminelle traditionnelle», prévient Aguayo.

(AFP)

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31 commentaires
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Sérieusement

24.07.2020 à 09:43

Hé s’il vous plait, informer vous un minimum. La différence entre aujourd’hui et il y a quelques années, c’est simplement le flux d’information qui est plus important et accessible. Mais qui a financé, exploité, envoyé et réceptionné ces tonnes qui provenaient à l’époque du triangle d’or et du croissant d’or? Qui utilisait ce système lucratif dans les années 80? Qui gérait les généraux d’Asie du Sud? Si même les journalistes ne s’informent pas je ne vois l’intérêt de l’article (avec plusieurs jours de retard qui plus est). ABE

Héhé

24.07.2020 à 09:28

Et pends ce temps les fabriquants d'armes US se marrent et se frotte les mains. Double gain pour eux qui vendent leurs armes des 2 côtés...

en visite officielle

24.07.2020 à 09:16

Xi Jinping et sa belle chanteuse de carrière militaire Peng Liyuan arrivent au Mexique, et la première dame chinoise plus que diplômée et anglophone discute avec la première dame du Mexique. C'est un sautant dans le "air force one" chinois que la première Chinoise se confie à son mari - je n'ai jamais croisé dans ma vie une Mexicaine aussi belle et aussi stupide! Source: Singapour.