Russie: Des opposants interpellés devant la Douma
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RussieDes opposants interpellés devant la Douma

Plusieurs opposants, dont le leader du Front de gauche Sergueï Oudaltsov, ont été interpellés mercredi devant le Parlement où le Premier ministre Vladimir Poutine doit présenter son rapport annuel.

«Nous venions à peine de nous approcher de la Douma quand la police s'en est pris à nous, en commençant à interpeller tout le monde», a déclaré M. Oudaltsov par téléphone à l'agence Interfax.

Selon lui, plusieurs dizaines de personnes munies de rubans blancs, devenus symbole de la contestation anti-Poutine, avaient l'intention de manifester devant la Douma pour protester contre «le pouvoir illégitime». Il n'a pas été en mesure de préciser le nombre exact de personnes interpellées.

Rapport de Poutine

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine, président élu qui prendra ses fonctions au Kremlin le 7 mai, a présenté à 12H00 (10H00 suisses) son rapport annuel devant la Douma où il doit rendre des comptes et tracer les grandes lignes de sa politique en tant que chef de l'Etat.

Poutine prône l'union des forces politiques

Vladimir Poutine a invité mercredi toutes les forces politiques de Russie à collaborer pour le bien du pays. «La logique d'une démocratie mature, c'est que les élections prennent fin et qu'ensuite (...) la coopération débute», a-t-il déclaré.

«Nous avons une seule Russie et sa modernisation et son progrès doivent constituer l'objectif unissant toutes les forces politiques du pays désireuses de participer à son édification», a-t-il ajouté lors d'un discours devant la Douma, la chambre basse du parlement.

La Russie a surmonté les conséquences de la crise

La Russie a depuis le début de l'année surmonté les conséquences de la crise économique de 2008-2009, a déclaré mercredi le Premier ministre Vladimir Poutine en présentant son rapport annuel devant la Douma (chambre basse du Parlement russe).

«Début 2012, comme nous l'avions prévu, le produit intérieur brut russe a dépassé son niveau d'avant-crise. Cela signifie que notre économie a complètement surmonté les conséquences de la chute de 2008, de 2009 et même en partie de 2010», a-t-il dit.

M. Poutine, qui doit reprendre ses fonctions de président le 7 mai, a précisé que le PIB s'était établi en 2011 à 41.421 milliards de roubles, contre 41.277 milliards en 2008 (un rouble = 0,02557 euro).

La Russie avait été frappée de plein fouet par la crise économique de 2008 et avait enregistré en 2009 une chute de près de 8% de son PIB. Mais elle a depuis remonté la pente. En 2011, elle a connu une croissance de 4,3% en 2011, après une hausse de 4% du PIB en 2010. Pour 2012, les autorités russes prévoient un ralentissement économique et tablent sur une augmentation de 3,4% du PIB.

Les élections législatives de décembre, remportées par le parti au pouvoir Russie unie et marquées selon des observateurs indépendants par des fraudes massives, ont déclenché une vague de contestation sans précédent contre l'homme fort du pays.

M. Poutine a été élu président le 4 mars pour un troisième mandat au Kremlin après ceux effectués en 2000-2008. Ne pouvant pas se présenter pour un troisième mandat consécutif en 2008, il avait cédé la présidence pour quatre ans à son dauphin, Dmitri Medvedev, qui doit devenir son Premier ministre après le 7 mai.

Des députés quittent l'assemblée

Des députés russes ont quitté mercredi la Douma en signe de protestation, infligeant un camouflet sans précédent au président élu Vladimir Poutine qui y présentait son bilan de Premier ministre, par ailleurs vivement critiqué par l'opposition communiste.

Les députés du parti d'opposition Russie juste (64 des 450 députés) ont quitté la salle pour protester contre les propos de M. Poutine sur une grève de la faim à Astrakhan (sud-ouest de la Russie), observée depuis le 16 mars par un membre de ce parti, Oleg Cheïn, et plusieurs de ses partisans.

Ceux-ci dénoncent la victoire, émaillée de fraudes selon eux, du candidat du parti du pouvoir Russie unie aux municipales du 4 mars à Astrakhan. «Pour autant que je sache, votre collègue Cheïn a commencé sa grève de la faim, mais il ne s'est toujours pas pourvu en justice. Franchement, c'est plutôt bizarre», a déclaré M. Poutine, qui le 7 mai sera investi à la présidence pour un nouveau mandat, cette fois de six ans, après quatre ans passés au poste de Premier ministre.

«Nous espérions, Vladimir Vladimirovitch, que vous auriez une réponse. Malheureusement, vous n'en avez pas», a déclaré le chef de Russie juste, Sergueï Mironov, dont le parti jusqu'à présent docile s'est joint à la contestation de ces derniers mois. M. Poutine a botté en touche, indiquant que le pouvoir exécutif n'avait pas la prérogative de faire annuler un scrutin et soulignant que «toute minorité doit respecter la majorité».

L'incident constitue un sérieux affront à l'homme fort de la Russie, par ailleurs confronté après les législatives de décembre à un mouvement de contestation inédit depuis son arrivée à la tête du pouvoir en 2000.. (afp)

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