Actualisé 27.01.2011 à 09:43

Ado traité pour l'acné

Des parents portent plainte après un suicide

Un ado qui suivait un lourd traitement contre l'acné s'est suicidé, en France. Ses parents ont décidé de saisir la justice.

Le père d'un adolescent niçois a saisi la justice après le décès de son fils de 17 ans qui suivait un traitement lourd contre l'acné, a-t-on appris jeudi auprès de son avocat marseillais, Me Gilbert Collard.

L'adolescent s'était pendu à un arbre, le 2 juillet 2007, à 800 mètres de son domicile. Il était sous un traitement à doses croissantes depuis sept mois.

«Maman, je ne sais pas ce que j'ai depuis trois semaines, mais là, j'en ai marre. J'en peux plus, j'ai toujours mal quelque part. C'est des petites choses accumulées, c'est dur», avait-il laissé pour message à ses parents.

Me Collard a engagé une action devant le tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) contre trois laboratoires qui fabriquent les médicaments génériques pour lutter contre l'acné, révèle le quotidien «La Provence» jeudi.

Roaccutane en cause

Selon l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), 25 à 27 cas de suicides chez l'adolescent, recensés entre 1986 et 2009, pourraient avoir un lien avec la prise de ce médicament à base d'une molécule baptisée isotrétinoïne.

Une association des victimes du Roaccutane et génériques (AVRG) a été créée.

Un autre cas

Depuis douze ans, un autre père, originaire du Vaucluse, mène le même combat. Il a perdu il y a quelques mois son procès devant le tribunal de grande instance d'Avignon (Vaucluse). La justice a estimé que le lien direct entre la prise du médicament et le suicide n'était pas établi. Le plaignant a toutefois décidé de faire appel.

Quelque quatre millions de patients sont suivis depuis 1986 en France pour un traitement au Roaccutane, un médicament retiré depuis 2008, ou prennent aujourd'hui un générique de type Curacné, Procuta, Contracné ou encore Isotrétinoïne Teva.

Le traitement exige un contrôle médical régulier qui passe notamment par des prises de sang. On estime au total à 152 le nombre d'effets indésirables, dont des risques de dépression et de suicide, qui figurent sur la notice de ces médicaments. (ap)

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