Berne: Des particuliers volent de l’eau aux bouches à incendie

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BerneDes particuliers volent de l’eau aux bouches à incendie

Les responsables de l’approvisionnement en eau potable scrutent les réserves. À Köniz (BE), de grandes quantités de liquide ont disparu. On soupçonne un arrosage illégal à partir d’hydrants.

Un tuyau branché à une borne incendie et le tour est joué.

Un tuyau branché à une borne incendie et le tour est joué.

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Dans la commune de Köniz (BE), un inconnu aurait volé de grandes quantités d’eau pendant plusieurs jours. S’appuyant sur la surveillance du niveau des réservoirs d’eau, la commune a confirmé le larcin, rapporte le «Bund». «Si le niveau baisse brusquement et inexplicablement, cela indique un prélèvement d’eau illégal» explique le conseiller communal responsable Hansueli Pestalozzi (Verts). Il ajoute que «celui qui se branche à un hydrant sans autorisation commet un vol.»

Concrètement, on a enregistré à Köniz, dans la partie rurale de la commune, une consommation d’eau extrême du 12 au 20 juin, puis à nouveau du 12 au 19 juillet. Il s’agit de semaines au cours desquelles, selon les archives météorologiques bernoises, il a fait particulièrement chaud et sec. L’heure du vol — à chaque fois le soir entre 19 et 20 heures — laisse supposer un arrosage sauvage. Le responsable de Köniz n’en dira pas plus. Car outre le vol, le prélèvement revêt une autre dimension. En effet, le voleur d’eau met ainsi en danger l’approvisionnement en eau potable. «Un vide peut se créer lors du branchement, ce qui permet à l’eau polluée du tuyau de refluer dans le système d’eau potable», explique Hansueli Pestalozzi.

Des vannes à compteur

Les personnes qui ont besoin de grandes quantités d’eau, par exemple pour une fête privée ou pour remplir une piscine, peuvent se procurer auprès de la commune un compteur équipé d’une vanne spéciale. Le dispositif empêche tout reflux et garantit ainsi que l’eau polluée ne puisse pas retourner dans l’eau potable. Un compteur intégré enregistre la quantité d’eau prélevée. Plusieurs vannes de ce type sont utilisées à Köniz, par des particuliers comme par des agriculteurs.

Même type de problème à Grimisuat (VS)

«Le Nouvelliste» a révélé mardi que, en une nuit, cinq millions de litres ont disparu. Soit environ l’équivalent de 1315 litres par habitant. Au bord de l’étang de Révouire, ça se voit et ça se mesure. «Il a baissé de cinquante centimètres, soit l’apport manquant d’une nuit par le bisse», constate Guillaume Dumoulin, responsable des eaux de Grimisuat. Quelqu’un, en amont, a ouvert une écluse et a volé cette eau qui devait arroser les terrains agricoles et les jardins privés. Et c’est un déficit que la commune ne peut se permettre.

«Pour tout le monde, l’eau est un acquis. On paie la taxe, on ouvre son robinet ou ses jets et elle coule. Mais ce n’est plus le cas», commente Guillaume Dumoulin. Ainsi, certains se servent et déséquilibrent tout le système. «À chaque fois, je sais qui c’est, mais, à moins de les prendre sur le fait, on ne peut les dénoncer», regrette le fontainier.

(jbm)

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